Les Etats-Unis, un "Etat voyou" : le compte Twitter de la présidence du Mali a-t-il été piraté ?

Les Etats-Unis, un "Etat voyou" : le compte Twitter de la présidence du Mali a-t-il été piraté ?
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A LA LOUPE - Dans un tweet supprimé depuis, le compte Twitter de la présidence du Mali s'en est pris violemment à Donald Trump, l'accusant d'avoir réalisé une "connerie" en ordonnant l'assassinat du général iranien Qassem Soleimani et assimilant les Etats-Unis à "un Etat voyou". La présidence a dénoncé un piratage, une version qui semble abusive.

C'est un tweet qui aurait pu être à l'origine d'une crise diplomatique. "Il ne se trouve personne pour dire à Trump qu’il a commis une connerie en ordonnant et en revendiquant publiquement l’assassinat du numéro 2 iranien, pouvait-on lire sur le compte Twitter de la présidence du Mali ce lundi 6 janvier. Il précarise les fragiles équilibres, menace la paix mondiale et fait des USA un Etat voyou." 

Une heure plus tard, la publication polémique avait été supprimée. Pas assez vite cependant, pour passer inaperçu. "Heureusement Trump ne suit pas Ibrahim Boubacar Keïta (le président du Mali, ndlr), ni la présidence, encore un moins un seul malien, s'est moqué un des correspondants de RFI, Maliki Diallo. Sinon il aurait déjà signé la déclaration de guerre au Mali."

Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes se sont interrogés sur cette publication insultante. Certains réclamant même un échange entre l'ambassadeur des Etats-Unis à Bamako et le président malien.

 La présidence a de son côté démenti en être à l'origine. "La Présidence de la République informe l'opinion nationale et internationale que ce 6 janvier 2020 son compte Twitter a été momentanément piraté par des individus mal intentionnés, a-t-elle indiqué sur les réseaux sociaux. Twitter en a été informé et des investigations sont en cours pour en démasquer les auteurs."

Qui donc aurait voulu créer des tensions entre le Mali et les Etats-Unis au point de prendre les manettes des moyens de communication étatique ? La réalité semble plus simple que cela, mais révèle également un manque de sécurité flagrant : "Ni pirates, ni hackers, une regrettable erreur de manipulation, a expliqué le lendemain le journaliste Tiégoum Boubèye Maiga. Hier, en voulant  tweeter sur la crise américano-iranienne, je me suis retrouvé sur le compte de la Présidence, dont je possédais les clé, par erreur.  Aucune volonté de nuisance."

Comme l'indique le site d'actualités malienne Niarela.net, Tiégoum Boubèye Maiga avait été nommé au poste de directeur de la cellule de la communication de la Présidence du Mali il y a trois ans, en juillet 2017, et gérait depuis le site institutionnel Koulouba, destiné à l'actualité d'Ibrahim Boubacar Keïta. Son frère aîné, Soumeylou Boubèye Maïga, était alors Secrétaire général de la Présidence. Ce dernier a par la suite accédé au poste de Premier ministre, avant d’être contraint à la démission en avril dernier. Quelques mois plus tard, Tiégoum Boubèye Maiga était limogé.

"Il se trouve que j'avais oublié de me déconnecter du compte présidentiel après mon départ de Koulouba, a simplement exposé l'ancien rédacteur en chef des Echos, un journal malien. Il n'y a ni pirates, ni hackers, juste une malencontreuse erreur de manipulation." Un couac qui a amusé les internautes mais ne devrait pas aider l'ancien journaliste à revenir dans les bonnes grâces du gouvernement.

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