Les Iraniens reprennent l'enrichissement de l'uranium à un niveau prohibé par l'accord sur le nucléaire, Trump les invite à la prudence

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TENSIONS - Téhéran a annoncé reprendre l'enrichissement de l'uranium au-dessus du 3, 67 %. Une nouvelle violation de ses obligations liées à l'accord sur le nucléaire, conclu en juillet 2015. Les États-Unis ont invité les Iraniens à la prudence.

Dimanche, l’Iran a confirmé reprendre l’enrichissement de l’uranium au-dessus de 3,67 %, c’est à dire au-delà du niveau interdit par l’accord sur le nucléaire iranien, conclu en juillet 2015. Cette annonce du porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique Behrouz Kamalvandi suscite l’inquiétude de la communauté internationale, puisque c’est une nouvelle menace pour l’accord, après le retrait unilatéral des Etats-Unis en mai 2018. 

Cet accord, qui avait nécessité 21 mois de négociations secrètes, avait entériné 12 ans de crise autour du dossier nucléaire iranien. Le 14 juillet 2015, un compromis était enfin signé entre Téhéran et le groupe des Six (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Grande-Bretagne et Allemagne). En contrepartie de la levée des sanctions économiques américaines, déployées à son encontre depuis 2005, l’Iran renonçait officiellement à se doter de l’arme atomique. Il lui permettait également de développer son programme nucléaire civil, sous surveillance étrangère. 

Un ultimatum lancé par Téhéran

Pour rappel, la réalisation d’une arme atomique nécessite 90 % d’uranium enrichi. Selon Téhéran, l’uranium enrichi à hauteur de 5% serait nécessaire pour ses "activités pacifiques" et pour alimenter son unique centrale nucléaire, située depuis 2010 dans la ville de Bouchehr (sud-ouest du pays). 

Aujourd’hui, c’est un véritable ultimatum que lance l’Iran à la communauté internationale. Le pays demande la levée du blocus américain et donc la possibilité de reprendre son commerce avec les Etats étrangers, en leur vendant son pétrole notamment. Il a annoncé s’affranchir d’autres obligations dans un délai de "60 jours", si ses demandes n’étaient pas accordées, telles que la reprise d’un projet de construction d’un réacteur à eau lourde à Arak (centre du pays). 

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Le rétablissement des sanctions économiques américaines contre l’Iran a conduit à son isolement sur la scène internationale et à la chute brutale de son économie, les pays occidentaux n’ayant plus le droit de commercer avec lui. Sur ce dossier, la politique américaine est claire : Téhéran n’a jamais souhaité véritablement abandonner son programme nucléaire militaire. Depuis quelques semaines, les tensions américano-iraniennes ont escaladé de manière considérable.

Les réactions internationales

Les États-Unis ont appelé à la "prudence" l'Iran. "L'Iran devrait être prudent, parce que vous enrichissez (l'uranium, ndlr) pour une raison, et je ne vais pas vous dire quelle est cette raison. Mais ce n'est pas bon", a affirmé le président américain Donald Trump devant la presse à Morristown, dans l'Etat du New Jersey

Du côté français, Emmanuel Macron a manifesté sa "forte préoccupation face au risque d’affaiblissement de l’accord" et aux "conséquences" de cette mesure. Paris "demande fermement" à l'Iran de cesser ses activités "non-conformes" à l'accord de Vienne. Benjamin Netanyahu, lui, a demandé une nouvelle fois aux Etats européens signataires de l’accord d’imposer de "dures sanctions" à son ennemi de toujours et a qualifié l’annonce iranienne de "développement très dangereux".

Londres a également réagi et appelé le gouvernement iranien à "immédiatement arrêter" l’enrichissement de l’uranium. "Tandis que le Royaume-Uni reste pleinement attaché à l’accord, l’Iran doit immédiatement arrêter et annuler toutes les activités contraires à ses obligations", peut-on lire dans un communiqué du ministre des Affaires étrangères. De son côté, l’Allemagne a "incité fermement" l’Iran à renoncer à cette mesure. "Nous sommes en contact concernant les prochaines étapes avec les autres participants" de l’accord, a déclaré le porte-parole du ministre des Affaires étrangères.

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