"Les journalistes ne sont pas l'ennemi" : les médias visés par Trump répliquent

"Les journalistes ne sont pas l'ennemi" : les médias visés par Trump répliquent

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ETATS-UNIS - "Ennemi du peuple", "fake news"... C'est ainsi que Donald Trump discrédite régulièrement les grands médias américains dont les informations lui déplaisent. Ces derniers ont décidé de réagir. Sur les Unes de 350 journaux ont pouvait lire, jeudi 16 août, "les journalistes ne sont pas l'ennemi". Une campagne qui vise à alerter sur l'attitude de Trump qui met en péril la liberté de la presse.

"Les journalistes ne sont pas l'ennemi". C'est la phrase que les Américains pouvaient lire jeudi 16 août dans de nombreux kiosques du pays. En réponse aux attaques fréquentes de Donald Trump, ils invoquent dans plusieurs éditoriaux l'importance de la liberté de la presse.


L'éditorial du Boston Globe accusait ainsi le locataire de la Maison Blanche de mener une "attaque en règle contre la presse libre". Le quotidien américain, initiateur de la campagne, a été suivi par 350 journaux, de toutes tailles. Une initiative relayée sur les réseaux sociaux avec le hastag "Ennemy of None", l'ennemi de personne. 

La démocratie américaine "en danger"

Le Globe défend le "rôle d'une presse libre pour dire la vérité aux puissants", comme facteur essentiel à la "grandeur de l'Amérique". Dès lors, l'habitude qu'a le président d'étiqueter la presse comme "l'ennemi du peuple" est présentée comme "dangereuse pour le pacte civique que nous partageons depuis deux siècles". Un comportement qui, selon le journal, encourage par ailleurs les hommes forts comme Vladimir Poutine ou Erdogan à persécuter les journalistes. 


Le New York Times rappelle de son côté que la critique n'est pas une mauvaise chose lorsque les médias se trompent, mais que généraliser le fait que les médias donnent des "infos bidons" est "dangereux pour l'âme de la démocratie". 

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Donald Trump remet les "Fake News Award" aux médias comme CNN ou le New York Times

Les medias fake news sont le parti d'oppositionDonald Trump

Alors que les Etats-Unis sont secoués par les enquêtes sur une ingérence russe lors de la campagne présidentielle de 2016, Donald Trump n'en démord pas. Il soutient que les journaux et autres organes de presse dénaturent les faits, en inventent ou en omettent, par opposition politique. Sur Twitter, il persiste et signe jeudi, en capitales : "LES MEDIAS FAKE NEWS SONT LE PARTI D'OPPOSITION. C'est très mauvais pour notre Grand Pays. MAIS NOUS SOMMES EN TRAIN DE GAGNER". 

une campagne contre-productive ?

"Les personnes qui lisent les éditoriaux n'ont pas besoin d'être convaincues" explique Ken Paulson, ancien rédacteur en chef du quotidien USA Today à l'AFP, soutien de la campagne mais assez sceptique quant à son efficacité. Pour certains, cette campagne pourrait même desservir les médias mobilisés. Comme Jack Shafer, de Politico, qui pense que "l'effort coordonné va à coup sûr avoir un effet contre-productif".


Les soutiens du président ont aussi réagi sur Twitter. L'ancien gouverneur républicain et commentateur sur la chaine Fox News Mike Huckabee affirme par exemple que cette "attaque - des médias - plus étudiée et publique que jamais"est dirigée contre la "moitié du pays" qui soutient Donald Trump. Un tweet qui s'illustre par un sondage Ispsos récent, révélant que 43% des républicains pensent que le président devrait avoir l'autorité de fermer des médias ayant une "mauvaise attitude". 

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