Les mèmes : nouvelle arme virale pour les riches donateurs anti-Trump

Les mèmes : nouvelle arme virale pour les riches donateurs anti-Trump
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VIRALITÉ - Aux Etats-Unis, les riches donateurs anti-Trump préfèrent dépenser leur fortune dans la création de mèmes, ces "caricatures" d’Internet reines des réseaux sociaux, pour diffuser leurs opinions politiques. Un filon qui se révèle bien plus efficace que les lobbys traditionnels.

Ils vous font rire, et vous les partagez en quelques secondes avec vos amis Facebook. Les mèmes politiques ont un très fort potentiel viral sur les réseaux sociaux, et les riches donateurs américains l'ont bien compris. Les investisseurs y voient une nouvelle façon de dépenser leur fortune pour appuyer leurs opinions politiques. 


Ces images ou vidéos virales se révèleraient même plus efficaces qu'un lobby politique traditionnel, grâce à leur portée "massive", selon une enquête du New York Times. Une aubaine pour les opposants au président Donald Trump, qui y voient un moyen de diffusion de leurs idées pour une investissement modique. 

Un incroyable retour sur investissement

Internet a révolutionné la façon de partager des idées et donc, dans le même temps, d'exercer une forme de lobby : plutôt que de financer un coûteux think tank pour défendre ses intérêts,  placer ses économies dans une société créatrice de contenus viraux pour Facebook ou Twitter est plus rentable. 


Interrogé par le grand quotidien américain, Sean Eldridge, co-fondateur de "Stand Up America", un groupe de gauche alternative, est catégorique : "C'est une évolution naturelle étant donné le scepticisme envers la télévision et les médias en général, où l'on peut dépenser beaucoup d'argent d'un coup sans être assuré de son retour sur investissement." 

La mécanique est simple, comme le démontre Kevin Roose, journaliste auteur de l'enquête. Il prend l'exemple de John Sellers, un ancien militant Greenpeace, qui a construit un empire d'influence grâce à sa page Facebook intitulée "The Other 98%" ("Les autres 98%" en français). A ses débuts, il y voit une opportunité pour diffuser ses idées sur l'écologie ou les dérives du capitalisme. Aujourd'hui, la page réunit près de 5 millions de personnes, et l'association qui lui est rattachée a reçu un financement des Open Society Foundations, soutenues par le milliardaire démocrate George Soros.

On a dépensé un petit montant à six chiffres pour atteindre, en moyenne, 10 millions de personnes par semaine.Sean Eldridge, co-fondateur de "Stand Up America"

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Sean Eldridge incarne les liens resserrés entre réseaux sociaux et politique. Après avoir échoué à se faire élire au Congrès américain en 2014, celui qui est marié au co-fondateur de Facebook, Chris Hughes, a décidé d'écrire des articles anti-Trump sur sa page "Stand Up America" plutôt que de s'engager dans une opposition politique plus traditionnelle. 


Effectivement, un spot de publicité diffusé à une heure de grande écoute se chiffre en plusieurs millions de dollars. Pour une fraction de cette somme, un donateur peut financer la création d'un flot continu de liens agrégés sur Facebook. Sean Eldridge le confirme : "On a dépensé un petit montant à six chiffres pour atteindre, en moyenne, 10 millions de personnes par semaine". Un retour sur investissement exponentiel, pour des donateurs comme lui, qui fait du mème une valeur sûre.

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