Les midterms, "un test important pour le parti démocrate" après la claque infligée par Trump en 2016

Les midterms, "un test important pour le parti démocrate" après la claque infligée par Trump en 2016
International

ETATS UNIS - Les élections de mi-mandat qui se déroulent mardi 6 novembre devraient permettre aux démocrates de se jauger, deux ans après la claque infligée à Hillary Clinton. Une défaite qui a permis à une nouvelle génération de s'engager.

L’heure de la revanche a t-elle sonné ? Si les élections de mi-mandat ressemblent surtout à un référendum pour ou contre Donald Trump, le verdict des urnes devrait également refléter la santé retrouvée – ou non – du camp démocrate. Deux ans après le camouflet de l’élection présidentielle, le parti tient là une occasion de se relancer.

"C’est un test important pour eux, avec plusieurs inconnus", relève pour LCI Marie-Cécile Naves, politologue à l'IRIS. Selon cette spécialiste des Etats-Unis, l'arrivée de nouveaux protagonistes qui se sont lancés en politique après la déconfiture du parti en 2016 change la donne. "Ils se présentent avec un nouvel agenda  qui est plus à gauche, plus en prise avec les problématiques nouvelles tel que l'environnement, les minorités, inégalités socio-économiques. Par conséquent, ils se retrouvent en décalage avec les instances du parti. Est-ce que cela ne pas va obliger ce dernier à renouveler son agenda et ses cadres plutôt que de continuer à miser sur Joe Biden ?"

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Le parti démocrate semble en effet tiraillé entre un état-major modéré et de nouveaux acteurs locaux plus à gauche. Pour preuve, la victoire en juin d'Alexandria Ocasio-Cortez. Cette jeune New-Yorkaise quasi inconnue revendiquant l'étiquette "socialiste" a battu l'un des ténors du parti démocrate, Joe Crowley. Pour de nombreux observateurs de la vie politique américaine, cette victoire a incarné une nouvelle vague de démocrates dénonçant la complicité entre l'élite de leur parti et Wall Street. Par conséquent, beaucoup de responsables craignent qu'un virage à gauche repousse les électeurs modérés, les prive de leurs chances de reprendre la majorité au Congrès en novembre et de battre Trump en 2020.   

 

Outre ce virage à gauche, le profil des candidats, lui aussi, bouscule le parti démocrate. Dans le sillage du mouvement #MeToo et des manifestations monstres contre les propos sexistes de Donald Trump, les femmes se sont mobilisées. Elles n'ont jamais été aussi nombreuses à faire campagne. Dans le détail, 200 démocrates (et 60 républicaines) se présentent au Congrès, où elles n'occupent pour l'instant que 20% des sièges.

Reste à savoir si cette nouvelle identité démocrate séduira les électeurs. "La participation est un test pour les démocrates", souligne Marie-Cécile Naves. Avant de préciser : "En 2016, les gens ne se sont pas déplacés, et l’abstention a été très forte chez eux". Contrairement aux électeurs républicains, les minorités et les jeunes qui penchent côté démocrate sont en effet moins réguliers dans les isoloirs. En outre, les élections de mi-mandat, à mi-parcours entre deux présidentielles, sont en effet traditionnellement marquées par une forte abstention : en 2014, la participation nationale n'avait pas dépassé 37%, au plus bas depuis la Seconde Guerre mondiale.

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