Gabon : les opposants à Ali Bongo dénoncent une fraude électorale

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FRAUDE - Alors que le Gabon s'embrase suite à la proclamation de la victoire du président sortant Ali Bongo, ses opposants dénoncent auprès de LCI une fraude électorale et réclament la publication des résultats officiels.

La Commission électorale du Gabon a annoncé ce mercredi la réélection de Ali Bongo à la présidence du pays. Une victoire d'une courte tête pour le président sortant qui a réuni 49.80% des voix, contre 48.26% pour son adversaire Jean Ping. Un résultat que l'opposition n'a pas tardé à contester et qui comporte quelques zones d'ombres.


La province de Bongo vote à 99,93% et les autres, 53%, c'est incohérent !Jean-Gaspard Ntoutoume, porte-parole de Jean Ping

Tout semblait pourtant bien parti pour Jean Ping. A l’issue de la publication des résultats des huit premières provinces, il comptabilisait en effet une avance de 61.500 voix. C'est dans la neuvième province que tout a basculé. Le Haut-Ogooué, fief d'Ali Bongo, a voté pour le président sortant à 95.46% selon les chiffres "officiels", lui permettant de l'emporter d'une courte tête. "La participation dans cette province est soi-disant de 99.93% alors que la participation dans les autres provinces est de 53%, c'est incohérent !" martèle auprès de LCI Jean-Gaspard Ntoutoume, le porte-parole de la campagne de Jean Ping. De son côté, le candidat défait évoque "l'instrumentalisation d'une province".

Incohérence arithmétique

Au-delà de l'invraissemblance d'une telle participation, les partisans de Jean Ping dénoncent d'autres incohérences arithmétiques. "La commune de Moanda, située dans la province de Haut-Ogooué, compte 12.000 inscrits sur les listes électorales et les chiffres officiels font état de 2800 abstentions dans ce bureau de vote. Problème : le document officiel fait état de seulement 400 abstentions sur toute la province", nous explique Jean-Gaspard Ntoutoume. Un document officiel malheureusement impossible à se procurer en raison d'une coupure internet au Gabon.


Devant cette suspicion de bourrage d'urnes, les partisans du candidat vaincu demandent le recompte des voix. "Dans un pays qui compte à peine 600.000 électeurs, ce n'est pas la mer à boire",  nous a confié Joseph John Nambo, directeur de cabinet de Jean Ping. Si le recompte des voix n'est pas possible, "une simple publication des résultats officiels, bureau de vote par bureau de vote devrait permettre de faire la lumière sur les résultats", conclut Jean-Gaspard Ntoutoume.

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