Les Suisses disent non au Smic à 3240 euros

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SMIC - A l'initiative des syndicats et des partis de gauche, les Suisses ont voté, ce dimanche, lors d'un référendum sur l'instauration d'un salaire minimum de 4000 francs suisses (3240 euros) bruts. Et malgré le coût élevé de la vie dans la Confédération helvétique, le non l'a emporté.

Un Smic à 3240 euros par mois. Le rêve pour beaucoup de travailleurs suisses... qui a pris fin ce dimanche. A l'initiative de la gauche helvète, les citoyens étaient appelés aux urnes pour un référendum pour ou contre un salaire minimum de 18 euros de l'heure. Les premiers résultats sont tombés : le non l'emporte largement, selon GFS Bern , à Genève (66,2%), à Bâle (62,8%) et dans le canton de Vaud (74%).

Pourquoi un Smic à 3240 euros ?

Il s'agissait pourtant de redonner de la "dignité" aux quelque 330.000 personnes – soit 9% de la population active – qui travaillent pour une somme inférieure à ce montant dans le pays, l'un des plus riches au monde. "Un pays fort a besoin de salaires justes, et avec ce texte, ce sera la fin des employeurs qui poussent les salaires à la baisse" et qui font jouer la concurrence en menaçant d'embaucher des étrangers moins bien payés, indiquaient les promoteurs du texte proposé à la votation.

Celui-ci concerne de nombreuses professions (métiers de la vente, hôtellerie-restauration, agriculture) confrontés à la cherté de la vie, en particulier à cause du logement. En 2012, l'Office Fédéral de la Statistique (OFS) a estimé qu'à chaque fois qu'un Français dépensait l'équivalent de 91,79 euros pour son logement, un Suisse devait en débourser le double. Viennent ensuite les assurances sociales, les factures, le transport et la nourriture. Même constat côté loisirs, où le prix d'une place de cinéma grimpe, par exemple, à 15 euros.

Derrière le non, la peur du chômage

Un raisonnement que la droite, le Parlement, le gouvernement et, donc, une majorité de Suisses, ont balayé d'un revers de main, s'alarmant d'un danger pour l'emploi. Ils ont par ailleurs pointé un coût de la vie différent selon les régions, et considéré qu'il existe déjà des conventions collectives de travail par branche professionnelle permettant d'établir un salaire minimum différencié.

Les milieux agricoles, eux, étaient vent debout contre le texte qui, s'il était adopté, les obligerait à augmenter de 25% le prix des fruits et légumes pour financer la hausse des salaires. De nombreux ouvriers agricoles toucheraient même plus que leur patron, assure l'Union paysanne suisse. Autant d'arguments qui ont font mouche au sein de la population. 

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