L'Etat islamique (Daech), plus dangereux qu'Al-Qaïda

L'Etat islamique (Daech), plus dangereux qu'Al-Qaïda

TERRORISME - La menace d'exécution de l'otage français Hervé Gourdel, après que le groupe Daech (Etat islamique) a appelé à tuer des ressortissants américains et français, met en lumière le danger de l'organisation islamiste. Selon les spécialistes, elle pourrait être plus dangereuse qu'Al-Qaïda.

Depuis la publication de la vidéo de la décapitation du journaliste américain James Foley , l'inquiétude est croissante face à la montée en puissance de l'Etat islamique (EI), aussi appelé Daech. L'enlèvement du Français Hervé Gourdel , annoncée lundi soir par un groupe affilié à l'EI , ne fait qu'amplifier les craintes. L'entité terroriste, qui occupe une partie du nord de l'Irak et de la Syrie, semble en effet reposer sur une organisation beaucoup plus aboutie que celle des autres groupes terroristes. Mieux organisé, plus riche aussi, l'EI représente désormais, aux yeux des spécialistes, une menace plus sérieuse qu'Al-Qaïda.

"Une menace pour l'Europe et le monde"

"L'Etat islamique est plus sophistiqué et mieux financé que tout autre groupe que nous ayons connu. Il va au-delà de tout autre groupe terroriste", estime ainsi le secrétaire d'Etat américain à la Défense, Chuck Hagel. Un avis que partage d'ailleurs Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères. "Ce califat de la terreur est pire que les autres groupes terroristes. (…) C'est une menace pour la région, mais aussi l'Europe et le monde", a-t-il averti sur BFM TV.

L'objectif : exercer le pouvoir

Pour de nombreux observateurs, si l'EI est aussi inquiétant, c'est qu'il a des allures de quasi Etat. "Il y a une différence fondamentale entre l'Etat islamique et les groupes djihadistes qu'on a pu connaître jusqu'à présent, comme Al-Qaïda", estime Mohamed Ali Adraoui, chercheur à l’Institut universitaire européen de Florence et auteur de Du Golfe aux banlieues, le salafisme mondialisé, aux Presses universitaires de France. "Il ne s'agit plus de s'en prendre, par la violence, aux ennemis de la religion, mais bien d'exercer le pouvoir sur un territoire donné", souligne-t-il.

Une administration structurée

Puisque l'objectif final n'est plus la guerre mais l'administration, l'EI s'est doté, bien avant d'étendre son influence comme c'est le cas aujourd'hui, de structures administratives importantes, avec des dirigeants, des fonctionnaires, un système législatif, etc. Dans de nombreux cas, les bureaucrates locaux ont pu conserver leur poste après l'arrivée des islamistes. Résultat : de nombreux services, comme l'eau, l'électricité ou le ramassage des ordures, continuent de fonctionner. Tout cela permet à l'Etat islamique d'exercer son influence sur tout le territoire contrôlé, plutôt que de le laisser dépérir, au risque de voir des chefs locaux émerger et s'affronter entre eux.

Des ressources financières importantes

Cette structure bien déterminée a également des conséquences en termes de financement. Si, à ses débuts, l'EI s'est principalement appuyé sur le soutien de pays voisins, il peut désormais être considéré comme autosuffisant. "Le groupe a aujourd'hui les moyens fiscaux d'un quasi-Etat", souligne Jean-Luc Marret, maître de recherche à la fondation pour la recherche stratégique.

Du fait de sa structure développée, l'EI est ainsi à même de prélever des impôts auprès des populations et des entreprises locales. "On est très loin des montagnes désertiques d'Afghanistan", explique ce spécialiste. "Les zones contrôlées par l'EI sont développées, avec une vraie économie : on y trouve des industries, des centres de recherche, des banques, etc." A cela s'ajoutent, potentiellement, les milliards de dollars que représente le sous-sol irakien, riche en pétrole, même s'il est difficilement exploitable pour l'instant.

EN SAVOIR + >> Notre dossier sur le groupe Daech (Etat islamique)

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