Liban : de plus en plus de réfugiés syriens prennnent le chemin du retour

Liban : de plus en plus de réfugiés syriens prennnent le chemin du retour

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REPORTAGE - Au Liban, les ONG disent leur inquiétude de voir de plus en plus de Syriens retourner dans leur pays en guerre, en raison de conditions de vie désastreuses au pays du Cèdre. Metronews s'est rendu sur place.

A la gare routière de Beyrouth, au Liban, des taxis collectifs syriens stationnent. Ils font régulièrement le trajet jusqu’à Damas, à 120 kilomètres de là. Parmi les passagers, des exilés syriens quittent le pays du Cèdre chargés de valises et matelas.

"Ces derniers temps, certains repartent en Syrie pour de bon. La vie est tellement chère ici !", explique l’un des chauffeurs. En tout, ils sont officiellement plus de 800.000 réfugiés ici, soit près d’un cinquième de la population libanaise. Une pression qui, depuis le début du conflit syrien, a fait tripler le prix des loyers dans certains quartiers de la capitale, tout en faisant baisser les salaires. L’arrivée massive de main-d’œuvre supplémentaire a plongé Syriens comme Libanais dans une pauvreté croissante.

Tous les pays limitrophes à la Syrie sont touchés par ce phénomène. Ils accueillent 97% des réfugiés. "L’exil dans les pays voisins n’est pas l’eldorado : la vie dans les tentes, le marché du travail inondé et le racisme", égrène pour metronews Peter Kessler, porte-parole de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) au Moyen-Orient. Dans ces conditions, confirme-t-il, "certains envisagent de faire le chemin inverse . On ne les encourage toutefois pas à repartir dans un pays en guerre."

"Une catastrophe humanitaire"

Dans les montagnes libanaises, où vit la majorité des réfugiés syriens, la situation est encore plus critique. L’hiver y est très rude. Et le gouvernement, dépassé par la crise, n’a ouvert aucun camp officiel pour les réfugiés. Ceux-ci s’installent donc souvent dans des campements de fortune, parfois dans des zones à risque. Une source proche de l’ONU s’inquiète : "En cas de fortes pluies, plus de la moitié des abris provisoires sont sous la menace d'être inondés".

Les ONG tirent donc la sonnette d’alarme : elles manquent de fonds pour couvrir les besoins les plus vitaux, comme la nourriture, les médicaments ou des vêtements chauds. Ninette Kelley, de l’UNHCR au Liban, témoigne : "C’est une catastrophe humanitaire, des gens meurent en toute saison et les réfugiés continuent d'arriver". Pour Mohammed, un père de famille syrien, c'est décidé : il retourne au pays. Voilà un an qu'il partageait une tente avec deux autres familles près de Baalbek : "On ne pensait pas que le conflit durerait aussi longtemps, confie-t-il. C'est dangereux de retourner en Syrie, mais mes proches y vivent et au moins j'y ai un vrai toit..." Pour l'instant.

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