Craignant d'être assassiné, le Premier ministre libanais Saad Hariri démissionne

Craignant d'être assassiné, le Premier ministre libanais Saad Hariri démissionne

PROCHE-ORIENT - Le Premier ministre libanais, Saad Hariri, a annoncé samedi sa démission à la surprise générale. Il dit redouter que l'on attente à sa vie. Son propre père, Rafik Hariri, est mort assassiné dans un attentat en février 2005.

Sa décision a surpris tout le monde, et pourrait raviver les tensions interreligieuses au Liban et entre deux puissances régionales, l'Iran et l'Arabie Saoudite. Le Premier ministre libanais, Saad Hariri, a annoncé samedi sa démission, disant redouter que l'on attente à sa vie et accusant l'Iran et le Hezbollah, un mouvement chiite libanais, allié de la Syrie et de l'Iran, de semer la discorde dans le monde arabe.

Cette démission remet également en question la solidité de la coalition gouvernementale formée l'année dernière après des années d'impasse politique et dont la formation avait été perçue par certains observateurs comme une victoire pour le Hezbollah.

Proche quant à lui de l'Arabie saoudite, d'où son allocution aurait été prononcée, le Premier ministre démissionnaire Saad Hariri a affirmé que le Hezbollah dirigeait ses armes vers les Yéménites, les Syriens et les Libanais. Il a ajouté que son pays se dresserait "comme il l'a fait dans le passé" et "couperait les mains qui se sont malicieusement ingérées dans le pays".

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La coalition que dirigeait Saad Hariri est entrée en fonction l'année dernière et regroupait la quasi-totalité de l'échiquier politique libanais, Hezbollah compris. Elle a également permis à l'ancien général Michel Aoun, allié du mouvement chiite, de prendre la présidence du pays.

Le système de partage du pouvoir au Liban entre communautés prévoit que le poste de chef de l'Etat revient à un chrétien maronite, actuellement Michel Aoun, celui de Premier ministre à un sunnite et celui de président du Parlement à un chiite.

"Nous vivons dans un climat semblable à l'atmosphère qui prévalait avant l'assassinat du martyr Rafik Hariri", a-t-il déclaré dans une allocution télévisée. Rafik Hariri, père de Saad Hariri, a été assassiné dans un attentat en février 2005. Un tribunal appuyé par les Nations unies a inculpé cinq membres du Hezbollah en janvier 2014 pour cette attaque.

Saad Hariri, de confession sunnite, était en fonction depuis le mois de janvier dernier et avait déjà été aux affaires, à la tête d'un gouvernement d'"accord national", de 2009 à 2011.

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