Libération de détenus à Guantanamo : Obama peut-il encore tenir sa promesse de fermeture ?

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ANALYSES - Les Etats-Unis viennent de remettre 15 détenus de Guantanamo aux Emirats arabes unis. S’il s’agit du plus important transfert ordonné par le président Obama, ce dernier ne devrait cependant pas parvenir à fermer les lieux avant son départ de la Maison Blanche.

A quelques semaines de la fin de son mandat, Barack Obama a ordonné lundi le transfert de 15 détenus de Guantanamo, direction les Emirats arabes unis. Un chiffre sans précédent, mais qui ne devrait pas permettre au président américain de fermer la prison. Un souhait émis en… 2009, dès la première année de son élection.

Ils ne sont pourtant plus qu’une poignée à être incarcérés sur place. Selon le Pentagone, il reste 61 détenus dans ce centre ouvert sur une base navale américaine par le président George W. Bush pour y regrouper les prisonniers de la "guerre contre le terrorisme".

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Des libérations qui s'accélèrent

Ceux qui ont été transférés lundi sont Yéménites ou Afghans. Leur arrivée aux Emirats arabes unis intervient six mois après la présentation d’un plan de fermeture par Barack Obama. Un énième texte, même si les libérations se sont accélérées ces derniers temps, le président souhaitant tenir sa promesse de clore la prison. Même avec sept ans de retard.

Cela paraît pourtant impossible avant la fin de son mandat en janvier 2017. En cause : l’absence de lieu, aux Etats-Unis, où transférer la cinquantaine de prisonniers qui ne sont pas libérables. Les républicains, majoritaires au Congrès, et certains démocrates bloquent en effet toute initiative. En outre, les détenus non libérables ne peuvent pas non plus être jugés par un tribunal classique, certains ayant été torturés ou arrêtés dans des circonstances illégales aux yeux de la loi américaine.

780 prisonniers y ont transité

Aujourd'hui, l'administration américaine cherche un pays d'accueil aux 19 prisonniers qui sont immédiatement libérables. Au total, 780 prisonniers ont transité à Guantanamo, la plupart des suspects de terrorisme capturés après les attentats du 11 septembre 2001, et détenus sans jugement pendant des années, ce qui a suscité de nombreuses condamnations internationales.

Des polémiques qui, si Barack Obama ne parvenait pas à fermer cette prison et que Donald Trump venait à lui succéder, pourraient perdurer. Le candidat républicain s'est déjà engagé, s'il est élu, à remplir Guantanamo de "sales types", et à rétablir des pratiques de tortures "bien pires que les simulations de noyade".

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