Libye : gros revers pour le groupe Etat islamique, chassé de son fief de Syrte

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CONFLIT - Les djihadistes du groupe Etat islamique (EI) ont subi un revers majeur avec l'annonce de la reprise totale de leur fief libyen de Syrte, qu'ils ont farouchement défendu pendant plus de six mois.

Six mois. C'est le temps qu'il aura fallu au gouvernement libyen d'union nationale (GNA) pour reprendre la ville de Syrte aux mains de Daech. Un revers cuisant pour les djihadistes, qui avaient fait de cette ville leur fief dans le pays.


Selon Reda Issa, le porte-parole de l'opération militaire, des "dizaines" de djihadistes se sont rendus lundi. Les derniers d'entre eux sont traqués "maison après maison". De facto, la proclamation officielle de la libération de Syrte se fera "dans les toutes prochaines heures". La fin d'une longue offensive, débutée en mai dans la ville natale de Mouammar Kadhafi, située à 450 km de Tripoli. Après des premières semaines prometteuses durant lesquelles la majeure partie de la ville était tombée, la bataille s'était peu à peu enlisée. Notamment en raison de la prudence adoptée par les forces pro-GNA pour éviter de nouvelles pertes et protéger les civils pris au piège.

Près de 700 morts

"Le retard de l'assaut final est dû (...) principalement au fait qu'il s'agit de combats de rues très violents et que Daech (acronyme arabe de l'EI) reste déterminé à défendre ses positions jusqu'aux derniers mètres carrés", avait expliqué Reda Issa le mois dernier. Un constat qui explique l'ampleur du bilan : près de 700 morts et 3.000 blessés dans les rangs des forces progouvernementales, composées en partie de miliciens de la ville de Misrata, à mi-chemin entre la capitale Tripoli et Syrte. 


Le nombre de djihadistes tués, lui, n'est pas connu. Mais les victimes se compteraient par dizaines dans ce bastion devenu un "mini Raqqa" : tribunaux, prisons, police des mœurs, centre de prélèvement de l'impôt… les djihadistes avaient au fil des mois mis en place un "Etat" afin d'appliquer la charia.


A l'heure de leur défaite, ceux qui ont pu s'échapper de Syrte on rejoint les rangs des forces de Daech encore présentes dans le pays. Responsables américains et français estimaient il y a quelques mois qu'ils étaient entre 5.000 et 7.000. Mais, selon un porte-parole des forces loyalistes, ils ne dépassaient pas le millier lors de l'offensive lancée à la mi-mai sur Syrte. Un certain nombre d'entre eux ont été tués durant les sept mois de combats dans la ville. Les autres ont pu migrer vers le sud, où le groupe EI pourrait profiter de l'absence d'Etat et des rivalités politico-tribales pour tenter d'asseoir une nouvelle base.

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Vidéo. A Syrte, l'Etat islamique perd du terrain

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