Lifeline : la France accueillera une partie des 233 migrants, mais Macron accuse l'ONG de faire "le jeu des passeurs"

International
CRISE DES MIGRANTS - Après plusieurs jours de blocage, le navire Lifeline, opéré par une ONG allemande et transportant 233 migrants, sera autorisé à accoster à Malte ce mercredi. Emmanuel Macron a indiqué que la France fera partie des 6 pays qui se répartiront les migrants, mais affirme que l'ONG "est intervenue en contravention de toutes les règles et des garde-côtes libyens".

Après l'Aquarius, un autre navire portant secours à des migrants en Méditerranée, le Lifeline, illustre les tensions sur l'accueil des réfugiés par les pays européens. Alors qu'il transporte 233 migrants secourus à son bord, le bateau opéré par l'ONG allemande Lifeline est resté bloqué plusieurs jours au large de Malte. Le Premier ministre maltais a affirmé mercredi midi qu'il sera autorisé à accoster dans la soirée. 


Les migrants seront répartis dans 6 pays, à raison de "quelques dizaines d'individus par pays", a annoncé Emmanuel Macron depuis Rome, après sa rencontre avec le pape François. Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte a indiqué dans un communiqué que "l'Italie accueillera une partie des migrants", après avoir assuré que "le navire de l'ONG Lifeline accostera à Malte". Le Portugal fait également partie des pays d'accueil.

Cette issue diplomatique doit mettre fin aux difficultés des 233 migrants à bord du Lifeline, qui subissaient des conditions sanitaires en constante dégradation depuis une semaine. Mais Emmanuel Macron et le ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini ont ouvert le débat sur l'action de l'ONG Mission Lifeline.


Le président français a critiqué l'ONG allemande qui "est intervenue en contravention de toutes les règles et des garde-côtes libyens" et a fait "le jeu des passeurs", ajoutant qu'il s'agit d'un reproche "indicible dans l'émotion collective". Pour Emmanuel Macron, "on ne peut pas accepter durablement cette situation car au nom de l'humanitaire cela veut dire qu'il n'y plus aucun contrôle. A la fin on fait le jeu des passeurs en réduisant le coût du passage pour les passeurs. C'est d'un cynisme terrible."


Une critique qui rejoint en partie celles du gouvernement italien sur l'action des ONG en Méditerranée. "Et de deux ! Après l'Aquarius envoyé en Espagne, c'est désormais au tour du navire de l'ONG Lifeline d'aller à Malte avec ce navire hors-la-loi qui en définitive sera séquestré", a déclaré Matteo Salvini sur Twitter. Le leader d'extrême-droite, également vice-Premier ministre de Giuseppe Conte, estime que les ONG sont "complices, consciemment ou inconsciemment des trafiquants" et affirme qu'elles sont interdites d'entrée dans les ports italiens.

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Giuseppe Conte a précisé que le Lifeline serait "soumis à une enquête pour s'assurer de sa nationalité et du respect des règles du droit international de la part de son équipage". Quant au gouvernement maltais, il a affirmé que si le navire accostait sur l'île, il enquêterait et prendrait aussi des mesures contre le Lifeline, "qui a ignoré les instructions données conformément aux règles internationales par les autorités italiennes".


Face à ces critiques, l'ONG s'est défendue en affirmant être dans son droit en refusant de remettre les naufragés à la Libye. "Il est important de souligner que le seul ordre auquel le bateau a refusé d'obéir est celui de remettre ces personnes aux prétendus garde-côtes libyens car cela aurait été en contravention avec la Convention de Genève sur les réfugiés et donc criminel," a-t-elle écrit dans un communiqué. Selon elle, obéir à l'ordre reçu de "désembarquer à Tripoli aurait constitué une violation du principe de non-refoulement". 

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