"Liste noire" de la Russie : l'UE gronde mais les concernés se marrent

"Liste noire" de la Russie : l'UE gronde mais les concernés se marrent
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DIPLOMATIE - Si l'UE a vertement critiqué la "liste noire" de la Russie interdisant à certains de ses ressortissants d'entrer sur son territoire, de nombreux concernés ont affiché leur mépris pour cet acte de représailles aux sanctions européennes.

Le point commun entre Daniel Cohn-Bendit, Bruno Le Roux et Bernard-Henri Lévy ? Tous trois figurent sur la "liste noire" du Kremlin, transmise vendredi à des ambassades européennes. Le document, qui rassemble au total 89 personnalités désormais interdites d’entrée sur le territoire russe, a été émis en riposte aux sanctions prises par l’Union européenne envers Moscou.

"Cette liste est un acte d'hostilité, un acte d'hostilité envers l'Europe, envers la France, envers le Parlement français", s’est dimanche insurgé Bruno Le Roux, au Forum Radio J. Même si, concrètement, le patron des socialistes à l’Assemblée précise que l'édit ne lui fait "ni chaud ni froid", n'ayant "pas prévu de (se) rendre en Russie pour rendre hommage au président Poutine". "A un moment où nous nous efforçons de désamorcer un conflit âpre et dangereux au cœur de l'Europe, cela n'aide pas", s'est de son côté indigné le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier.

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"Ça correspond au régime poutinesque"

"Personne n'y a été placé par hasard", s’était défendu la semaine dernière l'ambassadeur de Russie auprès de l'UE, Vladimir Tchijov. Dans le détail, la liste comporte quatre Français – dont le président du Comité économique et social européen (CESE), Henri Malosse –, tous détracteurs de la politique de Moscou. Un quatuor bien léger au regard du contingent polonais, lequel comporte 18 représentants. Neuf Britanniques figurent aussi sur cette liste, dont le patron du renseignement au MI5, Andrew Parker, et l'ancien vice-Premier ministre Nick Clegg.

Fâchés, les recalés ? "Je trouve ça très drôle. Ça correspond au régime poutinesque, ça aurait été vraiment triste que Poutine me considère comme son ami", a au contraire estimé Daniel Cohn-Bendit. "Lorsque j'ai vu les autres noms [sur la liste], j'ai pensé que je faisais partie d'un club très honorable", a également affirmé l'ancien ministre tchèque des Affaires étrangères Karel Schwarzenberg, connu pour ses critiques de la politique de Moscou à l'égard de l'Ukraine, voyant dans sa mise au ban une "récompense". "Je me sens davantage fière que je n'en ai peur. [...] La liste de Poutine confirme que je fais bien les choses en tant que parlementaire", a abondé dans le même sens l'eurodéputée suédoise Anna Maria Corazza Bildt.

Pour le ministre des Affaires étrangères finlandais, Timo Soini, il est inutile de "trop dramatiser" cette affaire. "C'est une réaction attendue à l'interdiction faite [par l'Union européenne] à des citoyens russes de voyager [sur le territoire de l'UE]. Ce n'est pas une grande surprise", a-t-il écrit sur un blog. Au fil de la crise en Ukraine, l'UE a en effet allongé sa propre "liste noire", qui compte désormais quelque 150 noms et une quarantaine d'entités, et pris des mesures plus sévères contre la Russie, visant des pans entiers de l'économie.

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