LuxLeaks : les trois hommes qui ont révélé le scandale seront rejugés

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JUSTICE – Le parquet du Luxembourg a fait appel des décisions de justice rendues fin juin contre deux lanceurs d'alerte à l’origine du scandale LuxLeaks. Le journaliste de "Cash Investigation", qui avait été acquitté, sera lui aussi rejugé.

C’est un appel général qui fait revenir les prévenus à la barre. Le parquet luxembourgeois a décidé de faire appel des décisions rendues fin juin contre deux lanceurs d'alerte et un journaliste à l'origine du scandale LuxLeaks sur les pratiques fiscales de grandes multinationales établies au Grand-Duché, a-t-on appris mardi auprès de l'administration judiciaire du Luxembourg.

Deux "lanceurs d'alerte" français, Antoine Deltour et Raphaël Halet, employés par la firme d'audit PricewaterhouseCoopers, avaient déjà fait appel de leur condamnation respectivement à 12 et 9 mois de prison avec sursis. A l'issue d'un procès qui s'est déroulé en avril et mai, le parquet avait requis 18 mois de prison , éventuellement avec sursis, contre eux. Les deux anciens employés au Luxembourg de PwC avaient fait fuiter près de 30.000 pages éclairant les pratiques fiscales de grandes multinationales établies au Grand-Duché.

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Un appel qui vaut "surtout" pour le journaliste acquitté

Selon Henri Eippers, porte-parole de la justice luxembourgeoise, l'appel du parquet "vaut donc surtout pour" le troisième prévenu, Edouard Perrin, 45 ans, journaliste de France 2 qui sera lui aussi rejugé alors qu'il avait été acquitté. C'est lui qui avait révélé dans l'émission " Cash Investigation " les pratiques fiscales décriées du Grand-Duché grâce aux documents transmis par Antoine Deltour. "On ne veut pas saucissonner l'affaire", s'est justifié Henri Eippers.

Lors des plaidoiries, la défense avait demandé l'acquittement pur et simple des prévenus, qui avaient affirmé avoir servi l'intérêt général. Les milliers de pages confidentielles sur les pratiques d'optimisation fiscale rendues publiques par les deux lanceurs d'alerte et le journaliste de France 2 détaillaient 548 "rescrits fiscaux" - concernant plus de 350 sociétés - généreusement accordés par l'administration et négociés par PwC pour le compte de ses clients. En utilisant certaines niches, les rescrits permettent aux multinationales d'échapper en partie ou totalement à l'impôt dans les pays européens où elles sont installées.

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