Macron demande à Netanyahu de renoncer à tout projet d'annexion de territoires palestiniens

Un cliché des deux chefs d'Etat prise en janvier dernier, lors de la visite d'Emmanuel Macron en Israel.
International

ABANDON - Selon l'Elysée, Emmanuel Macron a demandé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de renoncer à tout projet d'annexion de territoires palestiniens, une entreprise qui nuirait à la paix.

C'est la tension diplomatique du moment : le projet d'annexion des territoires palestiniens par Israël. Emmanuel Macron a demandé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de renoncer à tout projet d'annexion de territoires palestiniens, une entreprise qui nuirait à la paix selon le président français, indique le Palais de l'Elysée, ce vendredi 10 juillet. 

"Il lui a rappelé l’engagement de la France pour la paix au Proche-Orient et lui a demandé de s’abstenir de prendre toute mesure d’annexion de territoires palestiniens. Il a souligné qu'une telle mesure serait contraire au droit international et compromettrait la possibilité d’une solution à deux Etats comme l'établissement d’une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens", indique un communiqué rendant compte d'un entretien téléphonique entre les deux dirigeants qui s'est déroulé ce jeudi 9 juillet. 

Selon l'accord conclu entre Benjamin Netanyahu et son ex-rival Benny Gantz, leur gouvernement d'union peut se prononcer sur l'application du plan américain pour le Proche-Orient. Ce plan prévoit notamment l'annexion par Israël de la vallée du Jourdain et de colonies juives établies en Cisjordanie, un territoire palestinien que l'Etat hébreu occupe depuis 1967. 

Et le gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait fixé au 1er juillet la date à laquelle il pourrait commencer à annexer les colonies juives situées en Cisjordanie ainsi que dans la vallée stratégique du Jourdain. Jusqu'à présent, aucune annonce officielle n'a été effectuée par Israël, qui a indiqué seulement que les discussions se poursuivaient avec les responsables américains et les chefs de la sécurité israélienne. 

Paris met en garde Israël

A la fin du mois de juin, Paris avait mis en garde Israël contre une telle annexion, qui "affecterait" ses relations avec l'UE et souligné que Paris restait "déterminé" à reconnaître "le moment venu" l'Etat palestinien. Lors de cet entretien, Emmanuel Macron a "réitéré l'engagement indéfectible de la France pour la sécurité d’Israël et sa détermination à œuvrer pour l’apaisement des tensions au Moyen-Orient. Il a exprimé son attachement à l’amitié et à la confiance qui lient la France et Israël", assure l'Elysée.

Ce mardi, ce sont les ministres des Affaires étrangères de la France, de l'Allemagne, de l'Egypte et de la Jordanie qui ont exhorté Israël à abandonner ses projets d'annexion de pans de la Cisjordanie occupée. "Nous sommes d'accord sur le fait que toute annexion des territoires palestiniens occupés en 1967 serait une violation du droit international et mettrait en péril les fondements du processus de paix", ont déclaré les ministres à l'issue d'une vidéoconférence conjointe. 

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"Nous ne reconnaîtrions aucune modification des frontières de 1967 qui ne serait pas acceptée par les deux parties au conflit", ont affirmé les ministres dans cette déclaration commune notamment partagée par le ministère allemand des Affaires étrangères. "Une telle mesure aurait de graves conséquences pour la sécurité et la stabilité de la région, et constituerait un obstacle majeur aux efforts visant à réaliser une paix globale et juste", ont-il ajouté.

Cette éventuelle annexion aurait des "conséquences sur les relations avec Israël", ont-ils, eux aussi, averti, rappelant leur engagement en faveur d'une solution à deux États fondée sur le droit international. Ces dernières semaines, l'Union européenne a mené une campagne diplomatique contre ces projets d'annexion.

Heiko Maas, le chef de la diplomatie allemande, dont le pays vient de prendre début juillet et pour six mois la présidence tournante du Conseil de l'UE, s'est ainsi rendu à Jérusalem le mois dernier et a fait part de ses "sérieuses inquiétudes". Cependant, sans soutien unanime de ses membres, l'UE ne peut pas menacer Israël de sanctions économiques officielles.

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