Madagascar : des travaux forcés à perpétuité pour le lynchage d'un Français

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LYNCHAGE – Quatre hommes ont été condamnés à des travaux forcés à perpétuité pour un triple lynchage à Madagascar. Les victimes étaient accusées par la foule de pédophilie et de meurtre sur un enfant.

L'affaire Nosy Be, du nom de la plage de Madagascar où s'est déroulé le drame, trouve son point final. Quatre hommes ont été condamnés vendredi 9 octobre aux travaux forcés à perpétuité pour le lynchage de deux Européens et d'un Malgache, sur une île touristique de la célèbre île, en 2013.

Les deux Européens avaient été roués de coups et leurs corps brûlés sur la plage en question, située au nord de l'île, par une foule qui les accusait d'avoir tué un enfant et commis des pratiques pédophiles. Un Malgache, l'oncle du jeune garçon, subissait le même sort par la suite.

Le lynchage des Occidentaux

Au total, ils étaient 37 à comparaître sur le banc des accusés pour le lynchage d'un touriste français, Sébastien Judalet, du résident franco-italien Roberto Gianfalla et d'un Malgache. Quatre d'entre eux ont été condamnés à des travaux forcés à perpétuité, tandis que les autres ont été acquittés au bénéfice du doute ou ont écopé de peines moins lourdes.

Lors du procès, la plupart des accusés ont nié toute implication. L'un des quatre condamnés à perpétuité, identifié sur une photo lors du lynchage, a cependant reconnu jeudi avoir "fait partie de ceux qui ont incendié le corps des "vazahas"( les Occidentaux en malgache)". Le procès a été marqué par le visionnage de plusieurs vidéos montrant le drame. On y voit Sébastien Judalet, un pneu au niveau des hanches, sur une plage. L'homme est jeté à terre puis frappé huit fois à coups de rondin sur la tête. Au dernier coup qu'il assène, son bourreau lance : "Adieu la terre".

Une faille des autorités ?

Les avocats de la défense mais aussi de l'accusation avaient insisté sur le fait que de nombreuses personnes auraient dû être poursuivies dans cette affaire, notamment le chef de district et le maire de Tuléar. Parmi les accusés figuraient deux gendarmes poursuivis pour non assistance à personne en danger. L'un d'eux a écopé de six mois de prison avec sursis, comme l'indique la presse locale .

Aucun élément ne permet pour l'heure d'accréditer les soupçons de pédophilie et de meurtre d'un enfant par les victimes. Sébastien Judalet a été lavé de tout soupçon pédophile par la police française. Mais le sujet de la pédophilie est sensible à Madagascar où l'extrême pauvreté alimente la prostitution des mineurs.

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