Maladie de Lyme : les députés américains veulent savoir si le Pentagone a exposé la population à des tiques contaminées

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SOUPÇONS - La chambre des représentants des Etats-Unis a voté en faveur de l'ouverture d'une enquête sur une éventuelle implication du Pentagone dans la propagation de la maladie de Lyme, à cause d'expérimentations sur des armes biologiques. Considérée comme une théorie complotiste, l'hypothèse a été relancée par un nouveau livre.

La chambre des représentants américaine a demandé mardi l'ouverture d'une enquête afin de savoir si le Pentagone a exposé ou non des Américains à la maladie de Lyme. Aux États-Unis, cette maladie se propage depuis des décennies, touchant désormais plus de 300.000 américains chaque année, mais les théories accusant le gouvernement d'avoir propagé la maladie de Lyme à cause d'expérimentations sur des armes biologiques sont considérées comme complotistes.

Les députés américains ont approuvé le 11 juillet un amendement du républicain Chris Smith, demandant à l'inspecteur général du département de la Défense de déterminer si les États-Unis ont mené des expériences visant à utiliser des tiques et d'autres insectes comme des armes biologiques entre 1950 et 1975". Cet amendement a été ajouté au projet de loi sur le budget de la défense, qui doit encore être approuvé par le sénat américain.


L'enquête, si elle est finalement conduite, est censée déterminer également si "des tiques ou autres insectes utilisées dans ces éventuelles expériences ont été relâchés en dehors d'un laboratoire", et si cela est un "accident" ou "faisait partie de l'expérience". La maladie de Lyme est transmise à l'homme par une piqûre de tique infectée par la bactérie Borrelia burgdorferi. Elle peut entraîner des infections graves et une cascade de troubles : fièvres, douleurs articulaires, fatigue chronique ou encore perte de mémoire.

Considéré comme une théorie complotiste

Chris Smith a expliqué que cette demande d'enquête est motivée par le fait que "plusieurs livres et articles suggèrent que des recherches ont été conduites dans des bâtiment du gouvernement américain, comme Fort Detrick, dans le Maryland, ou au Plum Island Animal Disease Center (centre de l'Île de Plum sur les maladies animales, ndlr), dans l'État de New York, visant à transformer des tiques et d'autres insectes en armes biologiques".


L'un de ces livres a été publié en mai par Kris Newby, un rédacteur scientifique atteint lui-même de la maladie de Lyme. Dans son ouvrage, intitulé "Mordu : l'histoire secrète de la maladie de Lyme et des armes biologiques", il affirme avoir obtenu des aveux du scientifique suisse Willy Burgdorfer, qui a découvert en 1981 la maladie de Lyme, affirmant que la propagation de celle-ci est la conséquence d'une expérience militaire ayant mal tourné. Ce dernier, qui a effectivement travaillé comme chercheur dans le domaine des armes biologiques pour les États-Unis, est cependant mort en 2014, rappelle le Guardian


En 2004, un autre livre controversé affirmait qu'un scientifique nazi exfiltré par les États-Unis avait travaillé sur la maladie de Lyme comme arme biologique. L'ouvrage, intitulé "Lab 257 : l’histoire déroutante du laboratoire secret du gouvernement sur Plum Island", rappelait d'ailleurs que la ville de Lyme, dans le Connecticut, où a été découvert le premier foyer de la maladie, se trouve à quelques kilomètres de l'île de Plum. Mais l'auteur lui-même, Michael C. Carroll, avait reconnu qu'il 'avait pas de preuve, rappelle France 24.

Nette augmentation du nombre de cas en France

En France également, le nombre de cas de maladies de Lyme augmente nettement depuis plusieurs années. Environ 67.000 nouveaux cas "diagnostiqués en médecine générale en France"ont été déclarés dans le pays en 2018, contre environ 45.000 en 2017. "Des conditions climatiques favorables au développement des tiques et la sensibilisation des professionnels de santé au diagnostic de cette maladie pourraient expliquer cette augmentation", a indiqué en juillet le ministère de la Santé, qui "rappelle l'importance des précautions à prendre avant les activités dans la nature", comme le port de vêtements longs ou de produits répulsifs.

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