Malgré l'intervention française, la Centrafrique s'enfonce toujours dans les massacres

Malgré l'intervention française, la Centrafrique s'enfonce toujours dans les massacres

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AFRIQUE - Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian s'est rendu mercredi en Centrafrique pour la troisième fois depuis le début de l'opération Sangaris, le 5 décembre. L'occasion d'afficher de nouveau la fermeté de Paris, alors que les massacres inter-religueux n'ont toujours pas cessé.

C'est la troisième fois que le ministre de la Défense se rend en Centrafrique, depuis le début de l'intervention française le 5 décembre. Mais ce n'est toujours pas pour crier victoire. Après deux mois d'intervention, la mission de l'opération Sangaris est en effet toujours loin d'être remplie : les violences inter-religieuses n'ont pas cessé, loin de là.

"Combats et représailles intercommunautaires continuent de faire de nombreux morts, blessés et déplacés, en particulier dans l'ouest du pays", a ainsi alerté mercredi l'ONG Médecins sans frontières (MSF). Résultat, jusqu'à 20% de la population est déplacée, après avoir fui les violences. Et la faim menace aujourd'hui 1,3 million de personnes, estime l'ONU. Un pont aérien a été lancé mercredi par le Programme alimentaire mondial pour venir en aide à 150.000 d'entre eux.

"Nettoyage ethnique des civils musulmans"

Jusqu'à présent, les 5400 soldats (dont 1600 Français) de la force franco-africaine (Misca), envoyée sous l'égide de l'ONU, ont été incapables de sortir le pays du chaos. Amnesty appelle donc la communauté internationale à déployer "les troupes en nombre suffisants". Et cela afin d'arrêter ni plus ni moins que "le nettoyage ethnique des civils musulmans".

En effet, alors que la crise est partie en mars 2013 des exactions de la Séléka, rébellion musulmane, contre les chrétiens, la situation sur le terrain s'est inversée. Les anti-balaka, ces milices chrétiennes qui s'étaient constituées en réaction, se sont mises à leur tour à tuer, piller et violer . Au point de "changer la démographie du pays", a souligné mardi le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, alertant sur le "risque avéré" de partition du pays.

"Personne ne l'acceptera", a réagi mercredi Jean-Yves Le Drian. Le ministre avait déjà haussé le ton mardi, en autorisant les soldats français à recourir à la force contre les coupables d'exactions, comme les y autorise le mandat de l'ONU. La nouvelle présidente de la Centrafrique, Catherine Samba Panza , s'est montré encore plus claire, affirmant vouloir "aller en guerre contre eux". "Ils pensent que parce que je suis une femme je suis faible. Mais maintenant les anti-balaka qui voudront tuer seront traqués", a-t-telle lancé, martiale.

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