Malmenée par des révélations de Wikileaks, Clinton accuse la Russie d'ingérence

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PIRATAGES - Wikileaks a dévoilé vendredi 8 octobre des documents mettant en cause la candidate démocrate, qui accuse la Russie de vouloir favoriser l'élection de Donald Trump.

Pas un jour ne passe sans que des révélations ne viennent entacher les campagnes d’Hillary Clinton et de Donald Trump.  Alors que le Washington Post publiait un nouvel enregistrement sonore à charge pour le candidat républicain, où il expose des propos machistes et sexistes, Wikileaks a dans le même temps rendu public plusieurs milliers de courriers électroniques compromettants attribués au directeur de campagne d’Hillary Clinton, John Podesta.

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Pour ses dix années d’existence, et à moins de quarante-huit heures du deuxième débat entre les candidats à la Maison Blanche, l’organisation fondée par Julian Assange a fait fuiter de nombreux documents à charge contre Hillary Clinton.


2 060 courriels ont été rendus publics vendredi 7 octobre, dans lesquels on peut trouver des extraits de discours adressés par la candidate démocrate aux banques de Wall Street, dont Goldman Sachs, en 2013 et 2014. Ces "lucratives interventions", facturées 225.000 dollars minimum selon le Guardian, étaient au centre d’une vive controverse au sein du parti démocrate. Bernie Sanders, candidat malheureux à la primaire, avait demandé à maintes reprises à sa rivale, accusée d’être la candidate de l’"establishment" par l’aile gauche du parti, de les rendre publics.

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"Éloignée" de la réalité du peuple

Et pour cause, la relation qu’entretient Clinton avec les grandes banques a de quoi refroidir les militants de Bernie Sanders, et de nombreux démocrates. Se considérant elle-même "éloignée"  de la réalité de ses concitoyens  du fait "des fortunes dont [elle] profite avec son mari", la candidate démocrate donne une image contradictoire aux valeurs d’honnêteté et de solidarité qu’elle défend.

Il faut avoir une position publique et une position en privéHillary Clinton

Wikileaks révèle le positionnement ambigu d’Hillary Clinton en fonction de ses interlocuteurs, et son manque de transparence. "Si tout le monde était au courant de ce qu’il se passe en coulisses, des accords conclus, les gens seraient énervés. En politique, il faut avoir une position publique et une position en privé", aurait déclaré la candidate en 2013.

Le cabinet de campagne a refusé de confirmer et de récuser l’authenticité des documents, arguant simplement que "Julian Assange voulait nuire à Hillary Clinton", et que ces révélations pourraient faire partie d’une "campagne sophistiquée de désinformation de la part de la Russie".

La Russie accusée d'ingérence

Vendredi, l’administration américaine lui a emboîté le pas en accusant ouvertement la Russie d’être à l’origine de piratages informatiques liés à la campagne électorale, et notamment celui du Democratic National Committee (DNC).  "Ces vols et ces piratages ont pour but d’interférer dans les processus électoral américain, a estimé le directeur du renseignement américain, James Clapper. Nous pensons […] que seuls de hauts responsables russes ont pu autoriser ces activités."


Sans répondre sur le fond, Hillary Clinton et son directeur de campagne ont également pointé du doigt la responsabilité de la Russie, "sans l’ombre d’un doute", et déplacé le débat sur les liens entre Donald Trump et Vladimir Poutine.

"Chaque Américain devrait être concerné par l’attitude de la Russie, prête à des actes hostiles dans le but d’aider Donald Trump à devenir Président des Etats-Unis", peut-on lire dans le communiqué diffusé par la candidate sur son compte twitter.


"C’est une espèce de foutaise", a sèchement répondu le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, à l’agence de presse russe Interfax.

VIDÉO - Second débat entre Clinton et Trump : quels enjeux ?

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