"Comme si le typhon était entré dans le salon" : des Français de Hong Kong témoignent du passage de Mangkhut

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TÉMOIGNAGES - Le super typhon, baptisé Mangkhut, progresse depuis dimanche matin vers les côtes de la Chine. L’œil est passé non loin de Hong Kong, faisant des ravages sur son passage. LCI a récolté les témoignages de ressortissants français sur place.

Des rafales à près de 200 km/h, une mer déchaînée, et des arbres arrachés. Les paysages de Hong Kong sont méconnaissables. Après avoir semé le chaos aux Philippines où il a fait au moins 59 morts, le typhon Mangkhut se dirige vers les côtes chinoises. A Hong Kong, au sud est de la Chine, des vents oscillant entre 180 km/h pour les îles et à 240 km/h sur certains sommets ont été enregistrés. 


De quoi rendre désertes les rues de cette mégapole habituellement bondée, et survoltée la mer de ces côtes ordinairement calmes. Trois Français ont décrit pour LCI comment ils ont fait face à ce typhon, considéré comme le plus puissant de l'année, et qui a fait au moins 213 blessés d'après le gouvernement local. 

La pluie tombe presque à l’horizontal, à cause des rafalesBrice

Brice vit son tout premier typhon. Arrivé au mois de décembre, il est impressionné par la puissance de ce phénomène. "Les vents sont si forts que certains pots du jardin, qui pèsent plus de 30 kilos, se sont envolés par-dessus la balustrade" témoigne-t-il. Résidant dans la Discovery Bay, il est stupéfait de ce changement soudain d’ambiance, dans une  zone résidentielle habituellement paisible.  D’un côté, son hôtel donne sur la rue où "l’un des arbres a carrément soulevé les fondations". Il raconte comment il a vu "les racines soulever le sol". De l’autre côté, la mer. Il monte à l’étage pour voir ce qu’il dépeint comme un paysage "effrayant". "La mer est déchaînée" explique-t-il, ajoutant "on ne voit plus l’horizon". Pourtant, cette baie est connue pour être bien abritée et donc normalement très calme. Pendant qu'il raconte, les palmiers de cette plage paradisiaque tombent. Avant de terminer son récit en expliquant que sa vision est brouillée par une pluie "qui tombe presque à l’horizontal, à cause des rafales."  

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Typhon Mangkhut : Hong Kong balayé par des vents à 250 km/h

Ce père de famille est arrivé dans la mégapole avec sa femme, son fils et la nounou. Il explique comment l’enfant de 16 mois ressent le stress ambiant. "Il a refusé d’aller se coucher seul dans sa chambre." Et d’ajouter : "D’ailleurs, il a bien fait, parce que la fenêtre s’est ouverte violemment et plein de flotte est rentrée !" Alors en attendant que le typhon passe, la famille reste calfeutrée, rideaux tirés portes fermées. Et garde toujours un œil sur l’application Hong Kong Observatory qui envoie des alertes en permanence.  "Pour le moment aucune alerte pour notre zone. La seule instruction à respecter : le confinement" 

Des recommandations suivies à la lettre

C’est dans le couloir de son appartement qu’Aurélie a décidé de suivre cette recommandation. Avec son mari et son enfant, la Française patiente dans le couloir, "avec des matelas sur les portes pour éviter les courant d’air". À Hong Kong depuis dix-neuf mois, elle a déjà vécu un typhon, ce qui lui a permis de prendre toutes les précautions. Et la nécessité de rester chez soi. Car parmi les dangers, il y a celui d’être frappé par un objet volant. ""En bas de chez moi, le restaurant a perdu son toit !" indique-t-elle ainsi. Heureusement, il était vide. Elle raconte aussi comment une de ses amies a dû anticiper le typhon plus que quiconque : "Elle doit accoucher ce soir, explique-t-elle, un peu amusée par cette circonstance. Du coup, elle a pris une nuit d’hôtel près de la maternité."


Cette famille s’est donc elle aussi préparée, notamment en mettant du scotch sur les fenêtres, "même si son utilité n’a jamais été  prouvée". Sur recommandations du consulat français, elle a stocké suffisamment de nourriture et d'eau pour tenir sept jours. De quoi se sentir en sécurité.

C'est comme si le typhon était entré dans le salonStéphanie

L’expérience d’Aurélie et sa famille lui permettre de vivre le typhon avec sérénité. Ce qui n’est pas le cas de Stéphanie. Et pourtant, cette guide touristique vit dans un quartier de la ville depuis onze ans. En se réveillant, elle ne s’inquiétait pas plus que ça. Depuis le temps qu’elle est là, elle "en a vu d’autres" et se sent en sécurité chez elle. Elle était donc sur son canapé lorsque la vitre du salon a commencé à vibrer dangereusement. Par précaution, elle s’en est éloignée. Mais elle était loin d'imaginer que cinq minutes plus tard, sa baie vitrée  volerait en éclat. "Le plus traumatisant n’a pas été l’explosion mais ce qui est arrivé juste après : le vent qui s’engouffre chez vous, comme si le typhon était entré dans le salon". Son premier réflexe a alors été de protéger son visage. Et de fermer toutes les portes pour éviter de faire un appel d’air. "Ensuite, c’est l’incrédulité, poursuit-elle, je me suis agenouillée près de la porte, en cherchant une solution." Des bouts de verres étaient encore accrochés à l’encadrement de la fenêtre, la rendant particulièrement menaçante. Elle appelle alors le "manager" de l’immeuble, qui explique que rien n’est possible dans ces conditions. Il était trop dangereux de s’en approcher et aucun matériau n’aurait soutenu les vents à venir. 

Alors, elle profite de l’accalmie relative de l’après-midi, les vents ne soufflant plus dans la même direction. "J’essaye de déblayer avant que ça recommence cet après-midi, explique-t-elle ainsi, mais il y a du verre partout." Stéphanie met à l’abri de l’eau ses livres, et du vent ses objets fragiles. La guide touristique conclut, dépitée : "Je n’ai plus qu’à attendre. Maintenant que le stress est parti je me demande juste comment je vais ranger tout ça."

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