Manifestations à Hong Kong : des députés LaREM dénoncent le "silence assourdissant" en France

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Hong Kong se soulève contre Pékin

MESSAGE - Dans une lettre ouverte aux dirigeants chinois, vingt députés LaREM dénonce le silence de la classe politique française à propos des manifestations à Hong Kong et appellent les autorités chinoises à entendre les revendications. "On ne donne pas de leçon à quiconque", s'est défendue la députée Sonia Krimi, signataire, mardi sur LCI.

La France est-elle muette depuis le début des manifestations à Hong Kong ? C'est ce que pensent vingt députés LaREM, au moment où les tensions entre les militants prodémocratie et les autorités chinoises s'aggravent considérablement, avec à la clé le spectre d'une répression.


Dans une lettre ouverte aux autorités chinoises et de Hong Kong, qui s'adresse aussi, sans le nommer, au gouvernement français, les parlementaires de la majorité pointent "le silence assourdissant" de la "classe politique française", au moment où "des événements majeurs pour l'équilibre du monde se déroulent et doivent nous interpeller". Ces députés LaREM, dont certains sont membre des groupes d'amitié entre la France et les pays asiatiques, estiment pour leur part que "nous ne pouvons rester silencieux devant les événements qui se déroulent en ce moment" dans cette "région administrative spéciale" rétrocédée en 1997 par le Royaume Uni à la Chine. 

"La liberté n'est pas le chaos"

"Nous voulons dire à tous nos amis chinois, dirigeants de Hong Kong [...], acteurs du mouvement politique citoyen en cours [...] que nous espérons que le dialogue l'emportera sur la violence, et qu'un grand pays comme la Chine n'a pas à avoir peur de la liberté et de l'expression populaire", avancent-ils prudemment.

"La liberté n'est pas le chaos. Le chaos naît quand la liberté ne peut s'épanouir", écrivent encore les vingt députés, parmi lesquels Jean-François Cesarini, président du Groupe d'études à vocation internationale entre la France et Taïwan, rappelant que la déclaration commune sino-britannique de 1984 prévoyait "un approfondissement de l'expérience démocratique" à Hong Kong. 

Les députés LaREM pas tous d'accord

L'initiative des députés français n'est pas partagée par tous au sein de la majorité. Elle n'a pas été cosignée par Annie Genetet, la députée LaREM des Français de l'Asie. Sur Facebook, celle-ci s'est refusée à "donner des leçons" à la Chine, tout en qualifiant les événements "d'inquiétants" et en se référant aux déclarations de la députée européenne et ancienne ministre Nathalie Loiseau, qui a estimé que l'on ne pouvait "rester indifférent à ce qui se joue à Hong Kong". 

"Pas question de donner des leçons à quiconque"

"Il n'est pas question de donner des leçons à quiconque", s'est défendue la députée Sonia Krimi, l'une des signataires, mardi sur LCI. "Chaque pays a eu dans son histoire à faire face à de telles aspirations. En France également, des mouvements revendicatifs nous obligent à plus d'écoute, plus de débats, plus de démocratie", a-t-elle ajouté, récitant mot pour mot un passage de la lettre ouverte qui fait référence au mouvement des Gilets jaunes en France. 


Selon la députée de la Manche, qui s'est refusée à interpeller le gouvernement français sur le sujet, il ne s'agit pas de demander à la France "de taper plus fort sur la table", "mais d'acter nos différences, dire ce qu'on peut ou ce que l'on ne peut pas accepter". "Chacun jouera son rôle", a-t-elle ajouté. "Les ministres joueront un rôle diplomatique, les parlementaires porteront la voix du peuple." 


Interrogée mercredi sur LCI, la secrétaire d'Etat Geneviève Darrieussecq a assuré que la France suivait "avec beaucoup d'attention" les événements et que le message du gouvernement était d'appeler "à la désescalade et au dialogue pour trouver des solutions adaptées". 

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Geneviève Darrieusecq : la France "suit avec attention" les événements à Hong Kong

Sollicitée par LCI, une source au Quai d'Orsay a répondu à la lettre des députés. "La France n'est en rien silencieuse face à la situation à Hong Kong", a-t-elle estimé. "La France a exprimé à plusieurs reprises sa préoccupation : cinq fois depuis le début de la crise, deux à titre national et trois dans le cadre européen [...] Notre position est claire : nous redisons notre rejet de toutes les violences, nous appelons à la désescalade et souhaitons qu'un dialogue soit ouvert pour répondre aux préoccupations exprimées par les manifestants." Soit, peu ou prou, les mêmes mots que ceux utilisés un peu plus tôt par Geneviève Darrieussecq. 


Selon un communiqué du ministre des Affaires étrangères publié en juin, à l'occasion d'une visite en France de la dirigeante Carrie Lam, plus de 14.000 ressortissants français y vivent actuellement. "Les exportations françaises ont presque doublé en dix ans", se félicitait le communiqué, précisant que "la France est le 8e investisseur étranger et le deuxième investisseur européen à Hong Kong" et que 800 entreprises hexagonales y sont présentes. En retour, Hong Kong "est le deuxième investisseur asiatique en France". 

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