Manifestations antiracistes : la statue de Churchill protégée, Boris Johnson tacle les "extrémistes"

Manifestations antiracistes : la statue de Churchill protégée, Boris Johnson tacle les "extrémistes"
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POLÉMIQUE - Le Premier ministre britannique a fustigé vendredi les "extrémistes" qui ont "pris en otage" les manifestations antiracistes. Et ont entraîné la "mise sous cloche" d'une statue de Winston Churchill à Londres.

Une statue de Winston Churchill dissimulée sous un caisson d'acier, loin des yeux du public : il n'en fallait pas plus pour agacer Boris Johnson. Las, le chef du gouvernement britannique n'a eu d'autre choix pour protéger son illustre prédécesseur, contre lequel un vent de colère s'est levé dans le sillage des manifestations suivant la mort de George Floyd aux Etats-Unis.

"Les manifestations ont malheureusement été prises en otage par des extrémistes ayant pour objectif la violence", a écrit Boris Johnson sur Twitter, dénonçant des "attaques intolérables et abominables contre la police". "Il est absurde et honteux que ce monument national se trouve soumis aujourd'hui au risque d'attaques de la part de manifestants violents", a dénoncé Boris Johnson. 

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"Il mérite son mémorial"

S'il défend Winston Churchill, "Bojo" lui reconnait des failles. "Certes, il a parfois exprimé des opinions qui étaient et restent inacceptables pour nous aujourd'hui mais c'était un héros et il mérite son mémorial", a ajouté le Premier ministre. Winston Churchill est en effet accusé d'avoir tenu des propos racistes, notamment contre les Indiens. Sa statue, située près du Parlement, avait été dégradée le week-end dernier et l'inscription "était un raciste" ajoutée sous son nom. 

Au-delà de cette personnalité, plusieurs symboles du passé colonial du Royaume-Uni ont été récemment la cible de manifestants depuis la mort de l'Afro-américain George Floyd, asphyxié par un policier blanc. A Bristol, dans le sud-ouest de l'Angleterre, la statue du marchand d'esclaves Edward Colston a été arrachée de son piédestal et jetée à l'eau tandis qu'à Londres, la statue d'un autre marchand d'esclaves, Robert Milligan, dont une pétition demandait le retrait, a été enlevée à la hâte. A Oxford, une manifestation s'est tenue contre une statue de Cecil Rhodes, fondateur de la société minière De Beers et artisan de l'expansion de l'Empire britannique en Afrique australe.

Ne pas "réécrire ou censurer le passé"

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Appelant à ne pas "réécrire ou censurer le passé", Boris Johnson a défendu la présence de ce type de monuments : "Ces statues nous apprennent des choses sur notre passé, avec tous ses défauts. Les retirer reviendrait à mentir sur notre histoire, et appauvrir l'éducation des générations à venir". Tout en reconnaissant un "désir légitime de manifester contre les discriminations" à l'orée de nouveaux rassemblements prévus, il a jugé que "la seule attitude responsable est de se tenir à l'écart".

Son appel au calme sera-t-il entendu ? Le mouvement Black Lives Matter de Londres (BLM LDN) a annulé une manifestation prévue à Hyde Park pour samedi après les appels à manifester de groupes d'extrême droite. Mais une autre organisation, Black Lives Matter UK, a suggéré aux militants de plutôt manifester dans leurs quartiers samedi. Vendredi, le mouvement prévoit de déployer dans le centre de la capitale britannique une liste de "plus de 3.000 noms de personnes qui sont mortes en raison de violences racistes et étatiques".

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