Manifestations pro-démocratie en Birmanie : des dizaines de morts ce samedi, selon l'Onu

Volutes de fumées au-dessus de Rangoun (Birmanie), le 27 mars, après la répression de manifestation pro-démocratie

VIOLENCES - Des dizaines de personnes, dont des enfants, été tuées dans la répression des manifestations pro-démocratie en Birmanie ce samedi, selon l'Onu. Des centaines de blessés sont également à déplorer.

Ce samedi 27 mars était la "journée des forces armées" en Birmanie. Elle a donné lieu à un gigantesque défilé militaire dans la capitale Naypyidaw, et à une démonstration de force de l'armée, qui selon un décompte de l'AFP a tué au moins 19 morts dans la répression de nouvelles manifestations pro-démocratie. L'agence de presse Reuters dénombre, elle, une cinquantaine de morts. Tandis que l'Organisation des Nations Unies en déplore des dizaines dont des enfants. Se disant "choquée" par cette violence, l'Onu a aussi comptabilisé des centaines de blessés. 

Les militants pro-démocratie avaient appelé à une nouvelle série de manifestations samedi, jour où l'armée organise tous les ans un gigantesque défilé militaire devant le chef de l'armée désormais chef de la junte au pouvoir, le général Min Aung Hlaing. Mais la violence a éclaté un peu partout dans le pays, notamment dans la région de Mandalay (centre) lorsque les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants, ou encore dans l'est du pays, dans l'État de Shan, lorsqu'elles ont tiré sur un rassemblement d'étudiants à Lashio, la plus grande ville du Nord de cet État. À Nyaung-U près de Bagan, célèbre site classé par l'Unesco, un guide touristique a été tué par balles alors qu'il participait à une manifestation.

Plusieurs morts à Rangoun

À Rangoun, la capitale économique, des panaches de fumée se sont élevés au-dessus de la ville, devenue un point chaud ces dernières semaines. Un rassemblement nocturne devant un poste de police dans le sud de la ville - où des manifestants ont appelé à la libération de leurs amis - est devenu violent selon une habitante. Au moins six manifestants sont morts, dont un jeune homme de 20 ans, selon des témoignages. Près de la prison d'Insein,  dans la région de Yangon au nord-ouest de Rangoun, un rassemblement avant l'aube - où les manifestants portaient des casques de vélo et étaient protégés par des barricades de sacs de sable - a sombré dans le chaos lorsque les soldats ont commencé à tirer. 

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La brutalité de la répression a entraîné sur la scène internationale une série de condamnations et de sanctions touchant les avoirs de nombreux militaires puissants, dont leur chef, mais la pression diplomatique a eu jusqu'ici peu d'impact. L'Union européenne et la Grande-Bretagne ont condamné les "meurtres" commis par l'armée dans le pays, qui traverse une grave crise depuis que la cheffe du gouvernement civil Aung San Suu Kyi a été évincée du pouvoir par un coup d'État militaire le 1er février. L'ambassade américaine en Birmanie a condamné la junte militaire au pouvoir pour le "meurtre de civils non armés".

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