Manœuvres russes, déploiement massif de l’Otan : le come-back de la guerre froide ?

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AUX AGUETS – Tensions autour de la guerre en Syrie, manœuvres militaires de la Russie, déploiement massif de forces armées de l’Otan… : la guerre froide est-elle de retour ? LCI fait le point.

Chacun défend son pré carré. Cristallisées par le conflit syrien, les tensions entre les deux anciens blocs de l’Est et de l’Ouest n’ont jamais semblé aussi prégnantes depuis la fin supposée de la guerre froide il y a 25 ans. Et de fait : outre la guerre en Syrie, plusieurs évènements récents tendent à montrer un refroidissement sans précédents des rapports entre la Russie d’un côté et l’Otan de l’autre. 


Dernière preuve en date de ces dissensions grandissantes : l’annonce faite lundi par des responsables de l’Alliance atlantique de la mobilisation de 300.000 soldats, censée permettre de faire face à une éventuelle agression russe, dans les pays baltes particulièrement. Des forces armées qui, selon le représentant britannique à l’Otan, Sir Adam Thomson, doivent pouvoir être déployées en tout juste deux mois. 


Fin octobre déjà, l’Otan avait acté le déploiement – effectif en 2017 – de quatre bataillons d’un millier d’hommes chacun en Lettonie, en Lituanie, en Estonie et en Pologne, quatre pays voisins de la Russie, qui se sentent plus vulnérables depuis la crise en Ukraine et l'annexion de la Crimée par Moscou en mars 2014. 

Une réponse à l’étalage de la puissance russe

Car, si le Kremlin a toujours officiellement indiqué ne pas vouloir poursuivre son extension territoriale au-delà de la péninsule de la mer Noire, beaucoup ont du mal à y croire. Et les récentes manœuvres de l’armée russe ne sont pas d’ordre à rassurer les âmes craintives. 


Sans compter les quelque 330.000 troupes actuellement stationnées près de Moscou, les missiles balistiques installés dans l’enclave de Kaliningrad ou la suspension d’un accord sur le plutonium (nécessaire à l’élaboration des armes nucléaires, ndlr) avec les Etats-Unis, Moscou a multiplié ces dernières semaines les mouvements militaires. Des navires de guerre faisant chemin vers la Syrie ont par exemple été signalés en mer Baltique, dans la Manche ou en Méditerranée – avec une mini-crise diplomatique en conséquence – quand, quelques temps auparavant, des avions bombardiers avaient été interceptés au large de la Bretagne

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La Russie fait tout un tas de choses nouvelles et inhabituellesAdam Thomson, représentant du Royaume-Uni à l’Otan

Qualifiées par le chef du renseignement britannique comme étant "de plus en plus agressives", ces manœuvres russes laissent les puissances occidentales circonspectes. Selon le ministre de la Défense d’outre-Manche, Michael Fallon, ces mouvements ont ainsi "clairement pour objectif de tester" les capacités de réaction des Européens et des Américains. Et Adam Thomson d’abonder : "La question à laquelle nous devons répondre est de savoir si nous avons la capacité de comprendre de manière satisfaisante le comportement de la Russie. La Russie fait tout un tas de choses nouvelles et inhabituelles."


Mais pour l'ambassadeur russe auprès de l'Otan, Alexandre Grouchko, ce sont au contraire les Occidentaux qui mettent en danger la sécurité de l'Europe et non son pays. "L'Alliance est de plus en plus concentrée sur le développement et l'accentuation de sa politique militaire d’ostracisation de la Russie", a-t-il déclaré. "Et cette situation semble appelée à durer." De là à parler d’un retour de la guerre froide ? Rien n’est moins sûr. Pour l’instant, chacun défend son pré carré. 

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