Manuel Valls, départ imminent pour Barcelone: trois questions sur sa possible candidature

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CATALOGNE - Sauf surprise, l'ancien Premier ministre doit officialiser ce mardi sa candidature pour les élections municipales à Barcelone, en mai 2019. Resteraient à régler quelques détails... Comme sa situation en France, où il est toujours député de l'Essonne.

"Je vais y réfléchir". En avril dernier, Manuel Valls avait évoqué sur une chaîne publique catalane sa réflexion concernant une candidature à la mairie de Barcelone. Cinq mois plus tard, la décision de l'ancien Premier ministre est prise : il doit officialiser ce mardi ce nouveau challenge en vue des élections de 2019. Un challenge qui soulève néanmoins quelques questions.

Quelle étiquette et quel programme ?

Né à Barcelone en 1962 d'un père catalan et d'une mère suisse italienne, Manuel Valls a grandi à Paris et a été naturalisé français à 20 ans. Mais l'ancien Premier ministre français (2014-2016), fervent supporter du Barça, aime rappeler ses racines catalanes et s'est impliqué pleinement depuis l'an dernier dans le débat sur l'indépendance de la Catalogne, pour y dénoncer le séparatisme. Un débat qu'il devrait poursuivre auprès du parti de centre-droit Ciudadanos. Selon les proches de l'ancien Premier ministre, c'est d'ailleurs cette formation politique qui l'aurait approché.


Si le programme du candidat n'est pas encore connu, Manuel Valls en a dévoilé les contours au fil de ses prises de parole ces dernières semaines. Barcelone doit "parler avec le monde" et ne pas s'enfermer dans le "nationalisme", disait-il encore début septembre à Barcelone, où il a multiplié récemment les apparitions et où il donne des cours au sein de la prestigieuse école de commerce ESADE. Coté équipe de campagne, Manuel Valls s'est déjà entouré, selon ses proches, de l'éminent consultant politique Xavier Roig, ancien bras droit du maire socialiste de Barcelone, Pasqual Maragall.

Que disent les sondages ?

Début juillet, un premier sondage estimait que Manuel Valls recueillerait 5,2 % d’intentions de vote. Depuis, sa cote aurait grimpé, puisqu'il serait autour des 10 %. Le parti Ciudadanos, lui, est crédité de 17,5% à 19,9% dans les sondages. Malgré ces faibles scores, l'objectif du candidat Valls est surtout de se mettre en position pour être celui qui bâtira une coalition majoritaire après le verdict des urnes, puisqu'il s'agit d'un scrutin à la proportionnelle intégrale. 


Seule certitude : face à lui, il devrait y avoir une candidature unique pour les indépendantistes, ce qui pourrait favoriser une bataille entre anti- et pro-­séparatisme. Autre adversaire, l'actuelle maire de gauche soutenue par Podemos, Ada Colau, qui rassemble entre 17,3% et 21,8% des intentions de vote.

Une démission de l'Assemblée nationale ?

Manuel Valls avait été réélu en 2017 dans sa circonscription d'Evry (Essonne). Pour ses opposants, cet aller simple à Barcelone un an plus tard sonne comme une trahison, celle des électeurs qui l'ont élu d'un cheveu député en juin 2017, au moment où son avenir politique semble bouché en France. "Il est plus correct vis-à-vis des électeurs qu'il démissionne dès sa déclaration de candidature", a affirmé auprès de l'AFP la députée PS Cécile Untermaier. "Voilà plus de quatorze mois que nous ne sommes plus représentés. A l'Assemblée, il est aux abonnés absent (...) Son slogan c'était "proche de vous" mais Barcelone, c'est loin d'Evry!", tempête son adversaire Insoumise aux législatives, Farida Amrani. Manuel Valls n'en a visiblement cure. "Vous direz ce que vous voudrez. Une seule chose compte pour moi, la manière dont je serai perçu à Barcelone", a-t-il confié à L'Express début septembre.

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