Emma Gonzalez, la lycéenne de 18 ans qui incarne le combat contre Trump et les armes à feu

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ETATS UNIS - Des élèves survivants de la fusillade de Floride manifestent ce samedi à Washington, pour un contrôle plus strict sur les armes à feu. Parmi eux : Emma Gonzalez, une lycéenne de 18 ans, devenue l'égérie de la contestation.

Quelques minutes lui auront suffi à devenir la voix d'une frange de l'Amérique. Lors d'un rassemblement contre les armes le 18 février en Floride, Emma Gonzalez a prononcé un vibrant discours dans lequel cette élève de terminale est revenue sur la fusillade de Parkland. Une fusillade vécue de l'intérieur par cette fille de 18 ans, qui était présente quand Nikolas Cruz a ouvert le feu.


Tout sauf une tragédie, avait martelé l'étudiante quelques jours après. "Si le président me dit en face que c'était une terrible tragédie (...) et qu'on ne peut rien y faire, je lui demanderai combien il a touché de la National Rifle Association. Je le sais : 30 millions de dollars. C'est ce que valent ces gens pour vous, M. Trump ?", a lancé l'étudiante aux cheveux rasés, comparant cette somme au nombre de victimes des fusillades qui ont ensanglanté le pays depuis le début de l'année.

"C'est une question de vie ou de mort"

Depuis ce cri du cœur diffusé en direct sur toutes les chaines de télévision, de nombreux médias américains présentent Emma Gonzalez comme l'une des porte-paroles de la lutte anti-armes. Élève en Terminale du lycée Marjory Stoneman Douglas, elle était cachée dans l'amphithéâtre quand Nikolas Cruz, 19 ans, a ouvert le feu dans les couloirs de l'établissement, faisant 17 morts dont une majorité d'adolescents, avant de s'enfuir en se mêlant à la foule. Il a été arrêté une heure plus tard. "Le fait d'être autorisé à acheter des armes automatiques n'est pas une question politique, c'est une question de vie ou de mort", a affirmé plus tard la lycéenne.


Preuve de la soudaine notoriété dont bénéficie Emma Gonzalez, elle a participé avec d'autres élèves du lycée Stoneman Douglas à un débat télévisé sur CNN. Le sénateur républicain de Floride Marco Rubio, critiqué pour avoir accepté des millions de dollars de financement politique de la part du lobby des armes, a annoncé sur Twitter qu'il y participerait également. Preuve du rôle qu'elle occupe dans le débat, la jeune femme est désormais l'objet d'attaques de la part de la droite dure américaine. En première ligne, les sites extrémistes Infowars ou the Gateway Pundit, prompts à relayer les théories du complot, y compris celles qui perdurent autour du massacre contre l'école primaire de Sandy Hook qui a fait 26 morts en 2012.   The Gateway Pundit a dénoncé des lycéens "utilisés comme outils politiques par l'extrême gauche pour faire avancer sa rhétorique anti-conservatrice et anti-armes", prêts à empêcher "systématiquement" les élèves pro-Trump de s'exprimer devant les médias. Le site Infowars a également accusé Emma Gonzalez d'avoir été "coaché" par CNN.


En compagnie des autres survivants de la fusillade, elle est à l'origine de l'organisation du rassemblement qui doit se dérouler ce samedi. Baptisée "Marche pour nos vies", la manifestation aura lieu à Washington et dans d'autres villes du pays. L'événement a reçu au moins 2 millions de dollars de dons, venant notamment de stars comme les époux George et Amal Clooney, la présentatrice Oprah Winfrey ou encore le réalisateur Steven Spielberg et sa femme Kate Capshaw. Elle vise à "demander qu'une proposition de loi complète et efficace soit immédiatement présentée au Congrès" pour régler "les problèmes de violence par les armes qui sont généralisés dans notre pays", selon le site internet dédié à la manifestation.

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