Marée humaine en Algérie : l'élection de Abdelmadjid Tebboune contestée par le peuple

Marée humaine en Algérie : l'élection de Abdelmadjid Tebboune contestée par le peuple
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L'Algérie se soulève contre Bouteflika

VOX POPULI - Une marée humaine a envahi vendredi 13 décembre le centre d'Alger pour conspuer le nouveau chef de l'Etat élu la veille, Abdelmadjid Tebboune, un ex-fidèle du président déchu Abdelaziz Bouteflika.

Vendredi sous tension en Algérie. Abdelmadjid Tebboune, un ex-fidèle du président algérien déchu Abdelaziz Bouteflika, a été élu pour lui succéder à la tête du pays, a annoncé ce vendredi l'Autorité nationale des élections (Anie) au lendemain d'un scrutin massivement boudé par la population. 

La conséquence a été immédiate : une foule immense défile depuis dans le centre de la capitale pour rejeter le scrutin présidentiel. 

"Le vote est truqué. Vos élections ne nous concernent pas et votre président ne nous gouvernera pas", scandent les manifestants qui défilent en masse en ce 43e vendredi de mobilisation depuis le déclenchement en février du mouvement ("Hirak") de contestation populaire inédit.

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D'après une journaliste de l'AFP présente sur les lieux, la mobilisation est aussi importante que le vendredi précédent, lorsqu'une foule immense avait défilé dans le centre de la capitale pour rejeter le scrutin présidentiel. Les manifestants brandissent des pancartes sur lesquelles on peut lire : "Tebboune ton mandat est un mandat mort né" ou encore "Votre président ne me représente pas". Toujours selon la journaliste, "les manifestants sont de tout âge et de toutes les conditions sociales, hommes et femmes ensemble, certaines voilées et d'autres en jeans et baskets." 

Sur les réseaux sociaux, on peut voir de nombreuses photos de gens faisant semblant de sniffer de la cocaïne : c'est une référence au fils d'Abdelmadjid Tebboune, Khaled Tebboune, entendu dans le cadre d’une affaire de blanchiment d’argent liée au dossier de Kamel Chikhi surnommé "Le boucher". Le fils du nouveau chef de l'Etat a été repéré par les enquêteurs sur l’affaire de saisie de 701 kg de cocaïne au port d’Oran, dans le bureau du promoteur immobilier, deux fois, lors du visionnage des enregistrements des caméras de surveillance.

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Macron appelle les autorités au "dialogue" avec le peuple

Sollicité par nos soins, le chercheur français en économie et sociologie Azouz Begag avait anticipé ce soulèvement populaire la veille de cette élection en réaction à un "pouvoir qui a organisé une élection présidentielle avec des candidats qui faisaient tous partie du gouvernement Bouteflika" : "Après le résultat de cette élection, une marée humaine va sortir dans les rues à Alger pour dire au nouveau président : 'On ne vous reconnaît pas, on ne vous veut pas, dégagez.' (...) Des tréfonds de ces millions d'Algériens, jaillit la revendication pour la liberté. La liberté de choisir un avenir pour l’Algérie. Ce qui peut se passer, c’est que devant le gigantisme des manifestations, il peut y avoir des violences comme une intervention musclée de l’armée qui va faire du grabuge".

"C’est un drame humain qui a la même ampleur que celui de Nicolás Maduro au Vénézuéla", poursuit-il. "C’est comme une malédiction qui s’abat sur les pays de cette même nature, riche en pétrole et en gaz. Une malédiction du pétrole et une peur qui est en train d’encercler les Algériens : cette absence totale d’issue."

Le Président français Emmanuel Macron a "pris note" ce vendredi de l'élection d'Abdelmadjid Tebboune à la tête de l'Algérie et appelé les autorités à engager un "dialogue" avec le peuple algérien, sur fond de contestation populaire inédite dans ce pays depuis l'indépendance en 1962.

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