Le roi du Maroc gracie la journaliste Hajar Raissouni, emprisonnée pour "avortement illégal"

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AVORTEMENT - Le roi du Maroc a gracié ce mercredi 16 octobre la journaliste Hajar Raissouni, emprisonnée pour "avortement illégal" et "débauche". Cette dernière est sortie de prison quelques heures après. Arrêté le 31 août dernier, elle avait été condamné un mois plus tard à un an de prison.

C'est une victoire pour les défenseurs de l'avortement au Maroc. La journaliste Hajar Raissouni, emprisonnée depuis un mois et demi, a été graciée par le roi Mohammed VI ce mercredi 16 octobre, selon un communiqué officiel. La journaliste de 28 ans avait été arrêtée à Rabat le 31 août dernier, alors qu'elle sortait d'une consultation chez son gynécologue, puis condamnée à un an de prison le 30 septembre pour "avortement  illégal" et "débauche" (qualificatif retenu par la justice marocaine pour des relations sexuelles hors mariage). 

Hajar Raissouni est sortie de prison quelques heures après l'annonce, dans la soirée de mercredi, tout comme son fiancé, le gynécologue, l'anesthésiste et la secrétaire médicale condamnés en même temps qu'elle. 

Cette grâce accordée à la journaliste intervient après qu'un collectif auteur d'un manifeste, intitulé "Hors-la-loi" et signé par plus de 10 000 personnes, a demandé au parquet marocain l'abandon des poursuites à son encontre et l'abolition des "lois liberticides" criminalisant le sexe hors-mariage. Publié le 23 septembre dernier, il était à l'origine signé par 490 personnalités marocaines influentes. Le manifeste a également demandé aux médias publics d'organiser un "débat sur les libertés individuelles au Maroc", réunissant des élus, des membres de la société civile et des intellectuels.

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Largement critiquée, l'arrestation d'Hajar Raissouni a relancé le débat dans ce pays conservateur sur les lois encadrant de manière répressive les mœurs et la liberté de la presse.

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