Touristes tuées au Maroc : les meurtriers inspirés par l'EI mais "sans contact" avec les chefs de l'organisation

Touristes tuées au Maroc : les meurtriers inspirés par l'EI mais "sans contact" avec les chefs de l'organisation

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TERRORISME - Le chef de l’antiterrorisme marocain dresse ce lundi le profil des quatre principaux suspects du meurtre de jeunes scandinaves dans le pays. Dans un entretien à l’AFP, il décrit des hommes vivant dans la précarité, et n'ayant eu aucun contact avec les cadres de Daesh.

Quatre hommes au niveau d'instruction limité et ayant prêté allégeance à l’Etat Islamique (EI). Tels sont les portraits dressés par Abdelhak Khiam, directeur du Bureau central d'investigations judiciaires du Maroc (BCIJ), ce lundi 24 décembre. Depuis son bureau, il a décrit à l’AFP des jeunes radicalisés qui n’avaient pas "préparé leur action".


Les quatre suspects, interpellés entre lundi et jeudi derniers à Marrakech, sont les meurtriers présumés de  Louisa Vesterager Jespersen et son amie Maren Ueland. Les deux victimes, "poignardées, égorgées puis décapitées", âgées de 24 et 28 ans, se trouvaient alors dans le sud du Maroc, où elles passaient des vacances.

Abdessamad, Abderrahim, Younes et Rachid appartenaient bien à une cellule inspirée par l'idéologie du groupe Etat islamique. Dans une vidéo, tournée une semaine avant le meurtre, on les voyait d’ailleurs prêter allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l'EI, devant le drapeau de l’organisation. Mais selon les explications du chef du BCIJ, ils n’avaient pas de "contact" réel avec les cadres en Syrie ou en Irak. "Nous avons affaire à une idéologie véhiculée par les organisations terroristes. Les moyens technologiques aident à diffuser cette idéologie et n'importe qui sous l'influence de cette idéologie peut passer à l'acte", a ainsi expliqué à l’agence Abdelhak Khiam.


C’était donc une "cellule" indépendante. Désormais démantelée, elle comprenait 18 membres dont "trois ayant des antécédents judiciaires dans des affaires liées au terrorisme". A sa tête un certain Abdessamad Ejjoud, 25 ans, considéré comme "l'émir du groupe", qui est déjà passé par la case prison pour avoir voulu rejoindre des zones contrôlées par l'EI en 2014. Un homme "resté fidèle à ses idées extrémistes", et ce malgré sa réduction de peine. De quoi constituer une "sorte de cellule" afin de mener une action terroriste à l'intérieur du pays, selon les révélations d’Abdelhak Khiam.

Quatre hommes vivant dans la précarité

Le chef de l'antiterrorisme note également que les auteurs présumés des décapitations "n'avaient pas préparé leur action". Leur seul objectif était de mener une action terroriste à l'intérieur du royaume visant les services de sécurité ou des touristes étrangers. C'est pourquoi ils ont décidé de se rendre dans la région particulièrement touristique d’Imlil. 


Dans ces révélations, le chef de l’antiterrorisme marocain explique aussi que tous travaillaient et venaient de milieux sociaux défavorisés. Deux d’entre eux étaient des marchands ambulants, et les autres, âgés de 33 ans, étaient plombier et menuisier. Vivant dans la précarité, ces conditions seraient l’une des "origines de cet extrémisme", selon le patron du BCIJ, qui plaide pour que soient combattus dans le royaume  "la précarité, l'analphabétisme et l'ignorance".

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