Mathias Depardon libéré : ces autres journalistes qui sont toujours dans les prisons de Turquie

LIBERTÉ DE LA PRESSE - Alors que le photographe français Mathias Depardon, détenu pendant un mois en Turquie, est revenu en France vendredi 9 juin, plus d'une centaine de journalistes restent emprisonnés dans ce pays où la purge dans les médias n'en finit plus de sévir.

Il a passé un mois en détention au centre de Gaziantep, en Turquie. Vendredi 9 juin, il est rentré en France, fatigué mais en bonne santé. Déjà, il témoigne dans la presse du "message assez fort" envoyé aux journalistes locaux et internationaux par le pouvoir turc, leur disant "qu'ils ne sont pas les bienvenus". Sur France Inter, ce samedi matin, il estimait pouvoir qualifier la Turquie "de dictature". 


Mais alors que le photographe a pu retrouver les siens grâce à la mobilisation de la diplomatie française, ce sont plus de cent journalistes qui sont encore aujourd'hui emprisonnés dans plusieurs centres de détention du pays, où la liberté de la presse est quotidiennement bafouée. Voici quelques figures emblématiques du journalisme réprimé en Turquie, qui peuvent également être retrouvées sur le site de Reporters sans frontières

Aysenur Parildak

A 27 ans, Aysenur Parildak a été correspondante pour l'ancien quotidien Zaman, aujourd'hui supprimé par le régime d'Erdogan. Etudiante en droit en parallèle, elle a été arrêtée le 11 août 2016 sur le campus de sa faculté.


Ce qui lui est reproché ? D'avoir produit des tweets et des articles jugés "subjectifs". Elle est ainsi accusée d'appartenance à une organisation terroriste. Sa libération, qui avait été ordonnée pour le début du mois de mai par un tribunal, a finalement été annulée au dernier moment. On ignore aujourd'hui quand elle pourra sortir de prison. 

Ahmet Altan

Il est une figure emblématique des milieux intellectuels turcs. Ahmet Altan a été arrêté en septembre 2016, à Istanbul, en compagnie de son frère, par la police antiterroriste. 


Écrivain, fondateur et rédacteur en chef du journal Taraf qui depuis a été réduit à néant, Ahmet Altan est accusé d'avoir transmis des "messages subliminaux à la télévision", en soutien à la tentative de coup d'Etat contre le régime. En 2008, son travail d'investigation sur l'institution militaire turque lui avait valu d'être accusé par le régime de conspiration contre l'État et de faire figure, pendant longtemps, de bête noire du pouvoir en place.

Tunca Ogreten

Journaliste dans le journal d’opposition Diken, Tunca Ogreten a été arrêté en janvier 2017, à son domicile, après avoir publié des articles sur le népotisme, le trafic de pétrole, et des échanges de mails compromettant le gendre d'Erdogan dans une affaire de corruption. 


Au mois de mars dernier, il s'est marié avec sa fiancée depuis sa prison de Silivri. Comme l'immense majorité des journalistes détenus, Tunca Ogreten est soupçonné d'appartenir à une organisation terroriste. 

Musa Kart

Caricaturiste reconnu, il a été arrêté le 31 octobre 2016 avec une quinzaine d’autres journalistes dans la rédaction du journal Cumhuriyet. Lui aussi est accusé de complicité avec une organisation terroriste. 


En 2014, il avait déjà été mis en examen après la publication d’une caricature du président Erdogan qu’il avait représenté en hologramme. Le président turc avait alors déposé plainte contre lui. Il risquait neuf ans de prison mais avait finalement été relaxé, à l'époque. 

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