Mauritanie : une première condamnation à mort pour apostasie

Mauritanie : une première condamnation à mort pour apostasie

ISLAM - Un jeune Mauritanien jugé pour apostasie après un écrit considéré comme blasphématoire a été condamné à mort mercredi soir par un tribunal du nord-ouest du pays.

C’est une première condamnation à mort pour apostasie dans l’histoire de la Mauritanie. Un jeune Mauritanien jugé après un écrit considéré comme blasphématoire a été condamné à mort mercredi soir par un tribunal de Nouadhibou, au nord-ouest du pays. En rendant sa décision, la cour a indiqué que le prévenu tombait sous le coup d'un article du code pénal mauritanien prévoyant la peine de mort pour "tout musulman, homme ou femme, ayant renoncé à l'islam, explicitement ou à travers des actes ou paroles en tenant lieu".

Détenu depuis le 2 janvier, Mohamed Cheikh Ould Mohamed avait plaidé non coupable mardi à l'ouverture de son procès, le premier du genre en Mauritanie. A l'audience inaugurale, un juge a rappelé à l'accusé qu'il a été inculpé d'apostasie "pour avoir parlé avec légèreté du prophète Mahomet" dans un article publié brièvement sur des sites Internet mauritaniens. Il contestait dans son article des décisions prises par le prophète et ses compagnons durant les guerres saintes.

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Scènes de joies et concerts de klaxon après le verdict

Proche de la trentaine, Mohamed Cheikh Ould Mohamed a pour sa part expliqué lors de son procès que "son intention n'était pas de porter atteinte au prophète, (...) mais de défendre une couche de la population mal considérée et maltraitée, les forgerons", dont il est issu. "Si on peut comprendre (à travers mon texte) ce pour quoi je suis inculpé, je le nie complètement et m'en repens ouvertement", a-t-il déclaré.

Le prévenu s'est évanoui à l'énoncé du verdict avant d'être ranimé et conduit en prison. L'annonce du jugement a été suivie de bruyantes scènes de joie dans la salle d'audience et à travers la ville de Nouadhibou avec des rassemblements ponctués de concerts de klaxon.

République islamique où la charia (loi islamique) est en vigueur, la Mauritanie n’applique toutefois plus les sentences extrêmes comme les peines de mort et de flagellations depuis les années 1980. La peine de mort n'est pas abolie dans ce pays où, selon Amnesty International, la dernière exécution date de 1987.
 

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