Ancien membre des Brigades rouges, un restaurateur parisien arrêté à la demande de l'Italie

Tracts de propagande des Brigades rouges italiennes.

TERRORISME - Un ancien membre des Brigades rouges installé en France depuis les années 1990 a été arrêté ce lundi. Réclamé par l’Italie, il avait été condamné pour avoir pris part à une tentative d’enlèvement terroriste en 1982.

Maurizio di Marzio, 61 ans, a été arrêté ce lundi, a appris l'AFP lundi de sources judiciaire et proche du dossier. L’ancien membre des Brigades rouges doit être présenté d'ici à 48h à la cour d'appel de Paris, qui doit décider de son éventuelle détention provisoire ou d'une remise en liberté sous contrôle judiciaire, le temps de la procédure. 

L'ex-brigadiste avait échappé à la mise à exécution fin avril des mandats d'arrêts émis par l'Italie contre dix anciens militants d'extrême gauche. Tous sont réclamés par Rome pour avoir été condamnés pour leur implication dans des attentats commis dans leur pays durant les années 1970-80, surnommées "les années de plomb". Le 28 avril, sept d'entre eux avaient été interpellés à leur domicile et trois autres s'étaient présentés d'eux-mêmes le lendemain à la justice.

Maurizio di Marzio, dont la validité du mandat d'arrêt expirait le 10 mai, avait quant à lui pris la fuite avant le coup de filet, annoncé quelques jours plus tôt dans la presse italienne. De sources proches du dossier, il n'était plus activement recherché par les autorités françaises. Mais le 8 juillet, la cour d'appel de Rome a jugé que le mandat n'était finalement pas prescrit, ont indiqué ces sources à l'AFP.

"J'ai changé"

Il est réclamé par son pays pour exécuter une peine de cinq ans et neuf mois, initialement prévue à 14 ans de réclusion, notamment pour son rôle dans la tentative d'enlèvement en 1982 d'un vice-préfet de police de Rome, Nicola Simone, grièvement blessé dans l'attaque.

"J'ai fait des tas de choses stupides et je ne les referais pas, mais j'ai changé", avait-il déclaré il y a quelques années au magazine italien Panorama. "J'ai déjà passé six ans en prison. Je n'ai jamais tué personne", avait ajouté le restaurateur, à la tête d'une taverne italienne à Paris, se disant "persécuté" par les autorités de son pays.

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Virage historique

Les neufs autres anciens activistes, sept hommes et deux femmes âgés de 63 à 77 ans, ont été remis en liberté fin avril. Ils ont comparu en juin devant la cour d'appel de Paris, chargée d'examiner la validité des demandes d'extraditions. La cour doit dire le 29 septembre si elle demande ou non un complément d'information aux autorités italiennes sur ces demandes, qualifiées de "vengeance politique" par la défense et étrillées par l'avocate générale pour leurs lacunes.

La mise à exécution de ces mandats contre des Italiens ayant refait leur vie en France, depuis parfois plus de trente ans constitue un virage historique dans les relations entre les deux pays. Largement saluée en deçà des Alpes, elle est plus discutée dans l'Hexagone.

Lors de l’arrestation fin avril de sept des ex-membres des Brigades rouges, le ministre italien des Affaires étrangères, Luigi Di Maio, avait salué l’opération dans un message publié sur Facebook mercredi 28 avril. "On ne peut pas fuir ses propres responsabilités, la douleur qu'on a causée, le mal  qu'on a provoqué", avait-il estimé en se félicitant de "la collaboration des autorités françaises et italiennes". Un enthousiasme partagé par le président du Conseil, Mario Draghi, qui s’était dit "satisfait" de ces interpellations.

L'avocate de cinq des sept interpellés avait de son côté estimé que l’opération constituait une "trahison innommable de la France" : "Je suis indignée et je n'ai pas les mots pour décrire cette opération qui s'apparente à une mini-rafle", avait déclaré à l'AFP Me Irène Terrel.

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