Maxime Hauchard, bourreau français présumé de Daech : "Un gamin d’une grande gentillesse"

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ITINERAIRE - Maxime Hauchard, jeune Normand de 22 ans, aussi appelé Abou Abdallah Al Faransi, a participé "directement" à la décapitation de prisonniers syriens par le groupe Etat islamique (EI), a confirmé ce lundi le ministère de l’Intérieur. Bosc-Roger-en-Roumois, la commune de l’Eure dont il est originaire, est sous le choc.

“On attend la mort avec joie. La plus grande récompense, c’est le martyr.” En juillet dernier, Maxime Hauchard avait évoqué avec fierté pour BFMTV son quotidien à Raqqa, le fief du groupe Daech (Etat islamique) en Syrie. “C’est pas que de la théorie”, avait assuré celui qui, sous sa barbe bien fournie, se faisait appeler Abou Abdallah Al Faransi. Preuve, s’il en fallait : la vidéo de décapitation collective diffusée dimanche. Outre la mort tragique de l’Américain Peter Kassig , on y voit ce Français de 22 ans exécuter froidement au couteau un otage syrien. “Des crimes abjects”, a dénoncé le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve.

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Un scénario de l’horreur inconcevable il y a encore quelques mois pour René, un habitant de la petite commune du Bosc-Roger-en-Roumois (Eure), qui a bien connu Maxime. “C’était un gamin d’une grande gentillesse, plein d’énergie. Nos enfants jouaient ensemble, ils avaient le même âge”, se souvient pour metronews ce voisin de la famille, “des gens superbes dont la vie va être gâchée”. Ces dernières années, celle-ci avait commencé à vaciller avec la radicalisation de Maxime. Le jeune homme ne cachait pas qu'il s'était converti à l'islam à 17 ans, portant une barbe et une djellaba.

"Nous le suivions depuis plusieurs mois"

Comme la plupart des apprentis djihadistes français, il a été recruté sur Internet. C’est là qu’il s’est radicalisé, avant de quitter une première fois le pays fin 2012, direction la Mauritanie pour recevoir une formation religieuse. Sauf que celle-ci se révèle selon lui “pas assez rigoriste”. A son retour, le garçon plie cette fois bagage pour la Syrie, via la Turquie, le 17 août 2013. Une enquête préliminaire pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ne sera ouverte qu’un an plus tard, après son passage sur BFMTV.

“C’est une figure emblématique, que nous suivions depuis plusieurs mois”, nous assure Jean-Charles Brisard. Selon le spécialiste du terrorisme, “il est présent sur le théâtre des opérations depuis un an et demi, où il s’est ultra-radicalisé et formé au maniement des armes”. Selon l’expert, la présence de ce Français à visage découvert dans cette vidéo de propagande ne doit rien au hasard : “Ceux qui ne sont pas masqués sont destinés à mourir. Soit sur le champ de bataille, soit dans le cadre d’opérations kamikazes. C’est vraisemblablement son cas.”

La présence de ressortissants étrangers permet aussi de drainer des nouvelles recrues. Avec un certain succès dans les rangs tricolores, puisque un millier de Français sont actuellement impliqués dans le djihad en Syrie, ce qui fait d'eux l'un des plus importants contingents occidentaux. Selon Jean-Charles Brisard, un second bourreau français pourrait d’ailleurs être présent sur la dernière vidéo en compagnie de Maxime Hauchard.

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