Méditerranée : les passagers de l'Open Arms ont débarqué à Lampedusa, avant la mise sous séquestre du navire

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HUMANITAIRE - Après plusieurs jours d'errance, qui ont vu notamment une quinzaine de migrants sauter du navire Open Arms pour tenter de rallier, à la nage, les côtes de Lampedusa, les passagers ont enfin rallié l'île sicilienne, mercredi 21 août, peu après minuit.

Les passagers de l'Open Arms sont enfin arrivés à Lampedusa après plusieurs jours d'errance. Un événement qui arrive après une dernière journée particulièrement mouvementée. Mardi 20 août, en effet, une quinzaine de migrants à bord du bateau de l'ONG espagnole Open Arms, ont sauté à l'eau pour tenter de rallier la côte de l'île italienne de Lampedusa, à la nage. L'ONG affirme qu'ils avaient été "secourus" par les garde-côtes italiens et amenés sur l'île. Cela faisait 19 jours que certaines de ces personnes étaient à bord du bateau, dans l'attente d'avoir une autorisation de débarquer à Lampedusa. 

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Six pays européens ont promis de les accueillir mais Rome, par la voix de son vice-président du Conseil Matteo Salvini, avait refusé de faire débarquer les migrants. Madrid avait alors fini par proposer ce dimanche au bateau de rejoindre Algésiras, dans l'extrême sud de l'Espagne, ce que l'ONG a jugé "absolument irréalisable". 

Dans un entretien publié mardi 20 août par El Pais, le fondateur d'Open Arms, Oscar Camps, avait demandé à ce que les migrants puissent débarquer à Lampedusa avant d'être transférés en avion. C'est une autre option qui avait initialement choisie : mardi 20 août, Madrid a annoncé l'envoi d'un navire militaire à Lampedusa pour récupérer les migrants et devrait les amener jusqu'au port de Palma de Majorque, aux Baléares. 

Mais revirement de situation, ce mardi soir. La justice italienne a ordonné le débarquement des rescapés en Sicile et la mise sous séquestre de ce navire espagnol, indiquent des sources judiciaires à l'AFP. Le procureur d'Agrigente, Luigi Patronaggio, après une inspection de la police judiciaire et de deux médecins, a décidé que compte tenu de la situation difficile à bord, les rescapés devaient être débarqués sur la petite île sicilienne. Chose faite en fin de soirée.

Passe d'armes entre Madrid et Rome

La Commission européenne s'était félicitée "de la bonne volonté de l'Espagne" mais avait appelé "tous les Etats membres et les ONG à coopérer ensemble et trouver une solution qui fonctionne et qui permette de débarquer les gens à bord de l'Open Arms dans les plus brefs délais".  Reste que le sort de ces personnes a tourné à la passe d'armes entre Madrid et Rome. Matteo Salvini a été accusé de tirer profit politiquement de cette affaire, en pleine crise politique à Rome, où le gouvernement populiste a chuté ce mardi avec la démission de Giuseppe Conte. La ministre espagnole de la Défense avait qualifié le refus de Salvini de "honte pour l'humanité", ajoutant que les "vies humaines ne lui importaient pas". "Face à l'urgence humanitaire, personne ne peut détourner le regard. Nous n'allons pas le faire, contrairement à Salvini", a-t-elle encore dit.

Ce à quoi le ministre de l'Intérieur italien a répondu : "La fermeté est l'unique façon d'éviter à l'Italie de redevenir le camp de réfugiés de l'Europe, comme le démontre encore ces heures-ci le bateau de l'ONG espagnole des faux malades et des faux mineurs", a martelé pour sa part Matteo Salvini sur Twitter.

A ce jour, deux navires croisent en mer, à la recherche de réfugiés à sauver : l'Open Arms et l'Ocean Viking. 

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