Mehdi Nemmouche, un nouveau Mohamed Merah ?

Mehdi Nemmouche, un nouveau Mohamed Merah ?

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PORTRAIT - Un Français de 29 ans soupçonné d'être l'auteur de l'attaque contre le Musée juif de Bruxelles, qui a fait quatre morts le 24 mai, a été arrêté vendredi à Marseille. L'homme se serait rendu en Syrie en 2013, auprès de djihadistes, et était connu des services de renseignements français.

Le spectre de Mohamed Merah resurgit. Huit jours après la tuerie du Musée juif de Bruxelles dans laquelle quatre personnes ont trouvé la mort, un suspect a été arrêté vendredi à Marseille , lors d'un contrôle inopiné. Cet homme, répondant au nom de Mehdi Nemmouche, est un Français de 29 ans originaire de Roubaix (Nord) dont le radicalisme religieux pose question.

Si son profil rappelle celui du tueur toulousain, c'est que l'homme, qui se dit sans domicile fixe, est soupçonné d'avoir récemment voyagé auprès de djihadistes. Il s'est rendu en Syrie peu après avoir été libéré de prison, en décembre 2012, pays dans lequel il a passé une année. Là-bas, il aurait rejoint les groupes combattants de l'Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL), comme l'a indiqué le procureur de la République de Paris, François Molins, lors d'une conférence de presse tenue dimanche. Le suspect a ensuite "brouillé les pistes" sur son chemin de retour en Europe, passant notamment par la Malaisie, Singapour et Bangkok, avant de réapparaître en Allemagne en mars 2014, "d’où il a vraisemblablement rejoint Bruxelles", a ajouté le procureur. Il faisait depuis cette date l'objet d'une fiche de surveillance de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Petite délinquance et radicalisation

L'itinéraire Mehdi Nemmouche est celui d'une radicalisation. Né le 17 avril 1985 dans le quartier sensible des Trois-Ponts, à Roubaix, il n'a jamais connu son père. Le suspect, selon le quotidien La Voix du Nord , a été placé peu après sa naissance, à l'image de ses deux soeurs, en foyers et familles d'accueil, sa mère n'ayant pas les moyens de subvenir à leurs besoins. L'adolescence venue, le jeune homme a été confié à sa grand-mère et ses oncles et a largement fréquenté le quartier de la Bourgogne, à Tourcoing. "Scolarisé, le jeune homme a eu son bac et fait une année de droit à l'université", a souligné sa tante. Il a ensuite versé dans la petite délinquance.

Sa première condamnation remonte au 8 janvier 2004, pour vol avec violences. Six autres condamnations suivront, pour des faits allant de la conduite sans permis aux braquages. La dernière date du 26 mai 2009, moment où Mehdi Nemmouche est reconnu comme l'un des auteurs du braquage d'une supérette à Tourcoing. C'est lors de son dernier séjour en prison à Grasse et Salon-de-Provence, entre 2007 et 2012, que Mehdi Nemmouche se serait radicalisé, coupant les ponts avec sa famille. Le procureur a indiqué que le suspect y avait fait preuve d'un "prosélytisme extrémiste, fréquentant un groupe de détenus islamistes radicaux et faisant des appels à la prière collective en promenade".

Un radicalisme que les proches du suspect, qui ont affirmé avoir appris la nouvelle à la télévision dimanche matin, peinent toujours à comprendre. La tante du Roubaisien le décrit en effet comme "quelqu'un de gentil, d'intelligent, serviable, poli", mais aussi "très discret". "Il ne fréquentait pas la mosquée, il ne parlait pas de religion. C'est forcément en prison" qu'il a pu se radicaliser, soutient la tante du suspect. Des propos appuyés par l'avocate qui représentait Mehdi Nemmouche depuis 2004, qui parle de lui comme d'un homme "très poli et respectueux envers les juges", rapporte La Voix du Nord. L'arrivée du suspect à Marseille, vendredi, serait son premier passage en France depuis son départ en Syrie.

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