Menace nord-coréenne : la Corée du Sud craint un nouveau tir de missile et renforce sa défense

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CRAINTES – Disant avoir détecté des signes que le régime de Kim Jong-un se prépare à un nouveau tir de missile balistique, Séoul a annoncé le renforcement immédiat de ses systèmes de défense. Alors que l’angoisse monte, un journal sud-coréen appelle le gouvernement à se doter de l’arme nucléaire.

L’angoisse. Alors que le régime de Kim Jong-un a procédé dimanche au plus important essai nucléaire de son histoire, l’inquiétude déjà forte est encore montée d’un cran en Corée du Sud. Une anxiété qui n’est pas prête de retomber. Et pour cause : sans préciser ni le moment ni le lieu, Séoul a annoncé ce lundi avoir détecté des signes montrant que Pyongyang se prépare pour un nouveau tir de missile, possiblement un engin balistique intercontinental (ICBM) de longue portée.  


En réaction à ces énièmes provocations, le ministère sud-coréen de la Défense a annoncé d’emblée le renforcement de ses moyens de défense. Conjointement avec les Etats-Unis, massivement présents dans le pays (28.500 militaires y sont stationnés), la Corée du Sud va notamment augmenter la capacité du fameux bouclier antimissile américain Thaad (Terminal High-Altitude Area Defense), installé dans le comté de Seongju, à quelqe 200 kilomètres de la capitale. "Quatre lanceurs restants seront prochainement déployés de façon temporaire au travers de consultations entre la Corée du Sud et les Etats-Unis pour contrer les menaces nucléaire et balistique grandissantes du Nord", ont fait savoir les autorités. 

De la peur à la colère

Car, pour l’heure, seuls deux lance-missiles du bouclier Thaad sont opérationnels. Séoul avait en effet gelé tout déploiement supplémentaire en raison des préoccupations des habitants quant à l'impact du système sur l'environnement. Mais la donne à changé et le pouvoir sud-coréen ne semble désormais plus vraiment se soucier de considérations écologiques. De fait, se défendre d’une agression est devenu l’unique priorité du gouvernement. Mais pas seulement. 


Preuve que la peur mais aussi la colère gagnent en ce moment le pays, l’un des principaux quotidiens coréens, le Dong-a Ilbo, exhorté l’exécutif à se doter de l'arme atomique, tout en faisant part de ses doutes quant à la relation avec les Etats-Unis. La Corée du Sud a pourtant interdiction de développer un programme nucléaire militaire depuis la conclusion d’un accord en 1974 avec les Etats-Unis, qui s'engagent à la protéger en retour. 

Nous ne pouvons pas toujours dépendre du parapluie nucléaire et de la dissuasion américaineUn éditorial publié dans les colonnes du Dong-a Ilbo

"Au moment où des armes nucléaires sont agitées au-dessus de nos têtes, nous ne pouvons pas toujours dépendre du parapluie nucléaire et de la dissuasion américaine", peut-on lire dans un éditorial - traduit par nos confrères de l'AFP - du journal, qui estime que l’accord de 1974 est maintenant caduc. "Il n'y a aucune raison de s'accrocher à cette déclaration puisqu'on en est désormais à la 'dénucléarisation de la Corée du Sud' et non à la 'dénucléarisation de la péninsule coréenne'." Selon certains experts, Séoul pourrait bel et bien envisager de se doter de l'arme nucléaire en cas d'affaiblissement de la relation avec Washington ou de doutes sud-coréens quant à cette relation.

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