Pendant que l'Europe grelotte, l'Arctique a trop chaud : la faute au vortex polaire

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RÉCHAUFFEMENT - Alors qu'une vague de froid touche la France cette semaine, un pic de chaleur exceptionnel touche le pôle Nord. En cause : une inquiétante dérégulation des courants d'air.

Cette semaine, il fera parfois plus chaud au pôle Nord que dans certaines régions de France. Les températures dans l'Hexagone sont  inférieures à la normale, à cause du flux d'air froid "Moscou-Paris", alors qu'en Arctique, le mercure bat des records dans des proportions inquiétantes. 


Au niveau du pôle Nord, on mesure un décalage de températures +25°C avec la moyenne de ces dernières décennies. L'ouest de l'Europe connaît quant à lui un décalage d'environ -10°C, comme le montrent les données de l'Institut du changement climatique (CCI) de l'Université du Maine, au États-Unis. Ci dessous, les tâches rouges désignent les zones où les températures sont supérieures à la normale, et les tâches bleues les zones aux tempértures inférieures.

En cause : le "vortex polaire"

Prévu depuis plusieurs jours, ce décalage n'en est pas moins surprenant par son ampleur. Il s'explique par un phénomène appelé "vortex polaire". "C'est un tourbillon de vent froid qui se forme au-dessus du pôle Nord", explique François Gourand, prévisionniste à Météo France, interviewé par Franceinfo. Actuellement, ce vortex "se scinde en plusieurs morceaux" et "fait remonter un air très doux qui envahit la banquise", poursuit le prévisionniste. Cette masse d'air doux est visible sur les cartes.

Résultat : les températures en Arctique battent des records, alors même que la zone est plongée dans une nuit de plusieurs mois. Pour illustrer ce réchauffement brutal, le chercheur Zachary Labe fait figurer sur son blog les températures journalières moyennes de l'année 2018 en rouge. Ces derniers jours, elles-ci dépassent toutes les moyennes déjà observées depuis 1958 dans la zone.

AInsi, s'il fait quelques degrés de moins que la normale en Europe de l'ouest, il fait 20 degrés de plus en Arctique. Chaque jour ou presque, à la fin du mois de février, le mercure à dépassé 0°C près du pôle Nord. Ce réchauffement a des conséquences directes qui se constatent dès aujourd'hui. L'extension de la banquise en janvier est en effet à son plus bas niveau historique, comme l'affirme le Centre national pour l'information environnementale (NCEI).

Villages exposés au tempêtes, milieux naturels des animaux bouleversés... La réduction de la banquise, qui entraîne un réchauffement de l'air (et vice-versa) modifie déjà visiblement le paysage. Dans un article paru le 2 février, la revue Science affirmait par exemple que les ours polaires parviennent de plus en plus difficilement à trouver de la nourriture sur une banquise qui se réduit, entraînant une augmentation de la mortalité.

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