Meurtre conjugal au Brésil : après la mort de Tatiane Spitzner, les internautes dénoncent l'inaction des témoins de violences

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BRESIL - Quelques jours après le meurtre conjugal qui émeut le Brésil, de nombreux internautes dénoncent l'inaction des témoins de violences conjugales en raison du respect des traditions. Le hashtag "MetaAColher", mets une cuillère, apparaît en contradiction avec un adage brésilien qui dit que l'on ne s'interpose pas entre un homme et sa femme.

Un dicton brésilien veut qu'on ne "mette pas une cuillère" - qu'on ne s'interpose pas - entre un homme et sa femme qui se disputent. En réaction à cet adage, le hashtag "metstacuillère", #MetaACulher, apparaît sur Twitter, quelques jours après le décès d'une avocate suite aux violences subies par son mari.


La mort tragique de Tatiane Spitzer le 22 juillet dernier, défenestrée du quatrième étage de son immeuble après que son mari l'a violentée est loin d'être un cas isolé. Les vidéos de la caméra surveillance de l'immeuble ont capturé le calvaire de la jeune femme de 29 ans l'heure précédant son décès, émouvant le Brésil. Sur Twitter, les internautes incitent à dénoncer et s'interposer en cas de violences conjugales. 

Les violences conjugales ne devraient pas être une "affaire privée"

"Si vous voyez une violence, signalez-la à la police, vous pourriez sauver une vie!", alerte une internaute sur Twitter. Ce genre d'appel fuse sur les réseaux sociaux. 

"Elle s'est battue pendant 15 minutes et a crié, mais personne dans l'immeuble n'a réagi", peut-on lire dans un tweet, suivi du hashtag "MetaAColher", faisant référence à la fin tragique de Tatiana Spitzer. 

Si la législation brésilienne s'est renforcée en 2015 pour protéger les victimes des violences conjugales, le problème vient profondément d'une société "sexiste, patriarcale, misogyne", comme le dénonce une internaute. Elle ajoute que "beaucoup d'autres mourront, la loi ne vaut pas tant que la société reste ce qu'elle est". 

Au Brésil, une femme meurt toutes les 90 minutes sous les coups de son conjoint

Alors que le Brésil fête les 12 ans de la loi Maria Da Penha qui alourdit les sanctions contre les maris violents, le pays enregistre des records en terme de violences conjugales. Toutes les deux heures, une femme meurt sous les coups de son conjoint, d'après une association brésilienne. En France, c'est tous les trois jours.

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