Meurtre conjugal : la vidéo du calvaire d'une jeune femme choque au Brésil

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DROITS DES FEMMES - Tatiane Spitzner une avocate de 29 ans, est morte le 22 juillet après une chute de plusieurs étages. Elle venait de subir les coups de son mari, interpellé peu après.

Ce sont des images d'une rare violence qui, depuis quelques jours, circulent sur les réseaux sociaux au Brésil. Captées par des caméras de surveillance, elles montrent un homme frapper son épouse à de multiples reprises, le 22 juillet. Celle-ci décède quelques minutes plus tard, après une chute de plusieurs étages. Une séquence qui illustre pour beaucoup de Brésiliens le drame des violences conjugales, très fréquentes dans le pays.


Projetée par son mari contre la paroi de l'ascenseur, trainée de force au sol… le calvaire enduré par Tatiane Spitzner, une avocate de 29 ans, entre les mains de Luís Felipe Manvailer, dure de longues minutes. Filmé vers 3h du matin, dans un immeuble de Guarapuava, il débute dans le parking avant de s'achever au cinquième étage, où habite le couple. On voit alors le jeune homme, chemise maculée de sang, reprendre l'ascenseur avec le corps sans vie de son épouse, qui vient de chuter du balcon. On le voit ensuite nettoyer les lieux après s'être changé. Il prend la fuite au moment où les forces de l'ordre arrivent. Il sera rapidement arrêté. Et nie depuis avoir poussé son épouse qui, prétend-il, s'est suicidée.

En vidéo

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"Tous pour Tatiane"

Si l'enquête doit désormais déterminer les circonstances de la mort de la jeune femme, les images des violences conjugales qui la précèdent sont largement relayées au Brésil. En particulier sur Instagram : la sœur de Tatiane a lancé un compte intitulé "Todos Por Tatiane" ("Tous pour Tatiane"), suivi par plus de 116.000 personnes à l'heure où nous publions ces lignes. Elle y écrit : "La violence laisse des traces. Ne pas les voir cause les féminicides." Le sujet est brûlant dans ce pays où près d'un tiers des femmes déclarent avoir déjà subi des violences. En cause, également, l'absence de réactions de qui que ce soit pendant le calvaire de la jeune femme. De quoi inciter nombre d'internautes, lusophones ou non, à utiliser le mot-clé #metaAcolher pour inciter les  témoins de violences conjugales à intervenir.


Pour essayer d'endiguer le phénomène, une loi reconnaissant le féminicide et alourdissant les peines pour les tueurs a été adoptée en 2015 par le Parlement. Selon les données du gouvernement brésilien, une femme mourait toutes les 90 minutes au Brésil, 5 femmes étaient battues toutes les deux minutes, et le taux de féminicide était de 4,8 pour 100 000, l’un des plus élevés au monde.

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