Disparition de 43 étudiants mexicains : six ans après, des militaires traqués par la justice

Le Mexique cherche toujours des réponses, six ans après la disparition des 43 étudiants dans la localité d'Iguala.
International

ENQUÊTE - La justice mexicaine a réclamé ce samedi l'arrestation de militaires soupçonnés d'être à l'origine de la disparition de 43 étudiants en 2014, dans des circonstances inconnues.

L'affaire avait profondément bouleversé le Mexique. La justice du pays a réclamé ce samedi 26 septembre l'arrestation de militaires soupçonnés d'être impliqués dans la disparition de 43 étudiants il y a tout juste six ans. "Des mandats d'arrêt ont été émis pour l'arrestation de militaires. Zéro impunité, celui dont la participation a été prouvée sera jugé", a lancé le président Andrés Manuel López Obrador lors de la présentation d'un rapport sur l'avancement de l'enquête, en présence des parents des disparus qui, depuis des années, désignent des militaires parmi les personnes susceptibles d'être responsables.

Dans la nuit du 26 au 27 septembre 2014, plusieurs dizaines d'étudiants de l'école de formation des maîtres d'Ayotzinapa s'étaient rendus jusqu'à la ville proche d'Iguala, dans l'État de Guerrero, pour réquisitionner plusieurs autobus. Ils voulaient se rendre à la capitale Mexico, où ils souhaitaient participer à une manifestation. Arrêtés par la police, 43 jeunes ont ensuite disparu et n'ont jamais été retrouvés. Ils ont été abattus par des hommes armés. Les autorités mexicaines avaient jusqu'ici accusé un cartel de narcotrafiquants qui auraient pris les étudiants pour des membres d'un gang concurrent.

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Or, cette version officielle, présentée en janvier 2015 par le gouvernement du président de l'époque, le conservateur Enrique Pena Nieto (2012-2018), avait été rejetée par les proches des étudiants et des experts indépendants de la Commission inter-américaine des droits de l'homme (CIDH). L'actuel président a créé une Commission de Vérité et ordonné l'ouverture d'une nouvelle enquête devant "repartir de zéro" dans cette affaire, qui avait conduit à une très grave crise politique. 

Alejandro Encinas, président de cette Commission de Vérite, a expliqué samedi que le ministère mexicain de la Défense avait fourni de nouvelles informations sur les bataillons militaires stationnés dans cette zone à l'époque de la disparition des étudiants. "Quand vont-ils arrêter les militaires ?", a demandé un porte-parole et père d'une des 43 victimes, Martinez Zeferino. "Nous espérions autre chose aujourd'hui. Comprenez que cela fait six ans et nous n'avons rien", s'est-il lamenté.

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