Mexique : pourquoi les familles des 43 étudiants disparus y croient toujours

Mexique : pourquoi les familles des 43 étudiants disparus y croient toujours

ENQUÊTE - La justice mexicaine a réaffirmé mardi que les étudiants disparus fin septembre près d'Iguala avait tous été assassinés et incinérés. Mais leurs proches rejettent toujours la version officielle. Le site d'information mexicain Animal Politico explique pourquoi.

C'est la deuxième fois en trois mois que les autorités mexicaines confirment la mort des 43 étudiants enlevés fin septembre au Mexique près d'Iguala, et jamais retrouvés. Mi-novembre, le procureur général de la République se basait sur les aveux de trois suspects pour affirmer qu'ils avaient été assassinés, incinérés et leurs restes jetés dans une rivière près de la décharge municipale Cocula, dans l'Etat du Guerrero. Mardi, il a soutenu la même chose sur la base de l'aveu d'un autre suspect "clé", concordant avec la version précédente.

Pourtant, les familles des victimes et leurs anciens professeur de l'école normale d'Ayotzinapa refusent toujours d'y croire. Pour la majorité d'entre eux, les étudiants sont toujours vivants, rapporte Animal Politico . Le site d'information mexicain s'est penché mardi sur leurs arguments et a relevé dix éléments qui sèment le doute sur l'enquête.

"Aucune certitude"

"Aucune analyse scientifique ne permet d'affirmer avec certitude ce qui est arrivé dans la décharge de Cocula", écrit ainsi Animal Politico. En décembre, un groupe de scientifiques a jugé "impossible" que les jeunes mexicains aient tous été brûlés à l'endroit indiqué par les autorités. Le site d'information estime ensuite que le témoignage "clé" ne permet pas vraiment de clarifier les faits, et observe qu'il s'agit peut être d'aveux recueillis sous la contrainte.

Tout aussi troublant est le fait que "le gouvernement mexicain ait été incapable d'arrêter les responsables", quatre mois après la disparition des étudiants. L'ancien chef de la police d'Iguala, dont des agents sont impliqués dans leur enlèvement, n'a par exemple pas été inquiété par la justice.

Cold case

Le site d'information souligne également que si la mort de l'un des "43" a été prouvée (par des experts indépendants début décembre), cela n'implique pas forcément que les autres sont morts. Le médiateur nationale mexicain a d'ailleurs déclaré mercredi que cette affaire ne pouvait être classée tant que les coupables ne seront pas traduits en justice et les circonstances de la disparition des étudiants clarifiées.

EN SAVOIR + >> Mexique : la routine des enlèvements de masse

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