Michaël Blanc libéré : la fin d'un combat long de 14 ans pour sa mère

Michaël Blanc libéré : la fin d'un combat long de 14 ans pour sa mère

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JUSTICE - L'acharnement d'Hélène Le Touzey a fini par payer : après quatorze années passées dans les geôles indonésiennes, son fils, Michaël Blanc, a été libéré ce lundi.

Comme pour mieux embrasser sa liberté recouvrée, Michaël Blanc est sorti les bras grands ouverts : "Je suis dehors ! Quatorze ans, oui, ça fait quatorze ans !" Après tant d'années passées dans les geôles indonésiennes , le plus ancien détenu français a été remis en liberté conditionnelle ce lundi. Le Haut-Savoyard, emprisonné pour trafic de stupéfiants, est arrivé à la nuit tombée dans la petite maison balinaise occupée par sa mère, Hélène Le Touzey. Elle a tout quitté pour son fils. Quelques économies et rudiments d'anglais en poche, la mère courage s'était installée en Indonésie en 2000 pour livrer le combat de sa vie : faire libérer son fils.

"Je suis heureuse, heureuse, heureuse", a-t-elle balbutié ce lundi devant les journalistes sur place. Michaël Blanc avait été arrêté au lendemain de Noël 1999 à l'aéroport de Bali avec 3,8 kilos de haschich dans deux bouteilles de plongée. Depuis, il a toujours clamé son innocence. Condamné à la perpétuité, il avait finalement vu sa peine commuée à vingt ans de prison, en grande partie grâce à sa mère. "Je lui dois tout", reconnaît-il.

Une bataille pour tous les détenus étrangers

Au fil du temps, Hélène Le Touzey a réussi à médiatiser le cas de son fils et démêler le labyrinthe bureaucratique indonésien, élargissant dans le même temps la lutte pour son enfant à celle de nombreux détenus étrangers emprisonnés. "Je suis devenue la Madone des prisons", avait-elle expliqué non sans humour dans une interview à l'AFP. "Je rends visite, j'écoute, j'apporte quelques bricoles, je suis partie prenante à des dossiers..." En 2011, elle s'était plongée dans celui de la libération conditionnelle de son fils, théoriquement libérable après avoir effectué les deux tiers de sa peine. Un principe qui se heurtait à une loi indonésienne interdisant la délivrance d'un titre de séjour à un étranger repris de justice.

A la différence des Indonésiens, les ressortissants étrangers n'étaient donc jamais relâchés avant la fin de leur peine. "Je ne pouvais pas accepter cela. La loi doit être la même pour tous" s'agaçait-elle. Et l'acharnement de cette frêle sexagénaire a fini par payer. Pour la première fois dans l'histoire récente de l'Indonésie, elle a fait sauter ce dernier verrou, ravivant l'espoir de nombreux condamnés. Michaël Blanc ne pourra néanmoins pas rentrer en France avant la fin de sa peine le 21 juillet 2017, plus une année de probation. "C'est mieux que rien, on fait avec", a-t-il commenté lundi. Mais si le fils se montre résigné, sa mère ne compte pas en rester là : elle livrera cette nouvelle bataille pour lui.

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