Michel Temer, un vice-président "très impopulaire" pour succéder à Dilma Rousseff

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BRESIL - Le vice-président du Brésil s'apprête à s'emparer du fauteuil de Dilma Rousseff. Une fin de carrière inattendue pour cet homme de 75 ans très discret mais qui lorgnait sur la présidence.

Un "usurpateur". Dilma Rousseff n’a pas eu de mot assez dur lundi pour qualifier Michel Temer, son ancien vice-président. Il faut dire que ce dernier s’apprête à lui succéder à la tête du pays, la destitution de l’ex guérillera n’étant désormais plus qu’une formalité. Un aboutissement pour cet homme discret, ayant longtemps gravité dans les hautes sphères du pouvoir.


Dirigeant depuis 15 ans le Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB, centre), Michel Temer a en effet eu le temps d’accumuler les rancœurs en cinq ans de mariage de raison avec la dirigeante de gauche. En décembre, il était même sorti de sa réserve en reprochant à Dilma Rousseff de l'avoir toujours méprisé, traité en "vice-président décoratif". Il est passé aux actes au printemps, sur fond de crise politique (le scandale Petrobras) et économique (une récession historique) : le PMDB a quitté le gouvernement, précipitant la chute de Dilma Rousseff.


"Un personnage sans idéologie particulière"

"Ce n’est pas vraiment une revanche, plutôt une opportunité", souligne à LCI Jean-Jacques Kourliandsky. Pour ce chercheur à l’IRIS spécialiste de l’Amérique latine, "ce qui se passe est l’opportunité de sa vie pour occuper la présidence. Car il est certain que s’il se présentait aujourd’hui à une élection, il serait battu."


Il faut dire que Michel Temer souffre d’une lourde impopularité. Il navigue à seulement 14% dans les enquêtes d’opinion, et a ouvert les JO de Rio sous les huées. En outre, au début de son gouvernement, la photo de son cabinet formé exclusivement d'hommes âgés, blancs et conservateurs avait soulevé un tollé. Une désaffection qui ne devrait donc pas cependant l’empêcher de prendre les rênes du pays. "Le Parti des travailleurs (ndlr : le parti de Dilma Rousseff) va être démoralisé, lui permettant de bénéficier d’une période de calme relatif, précise Jacques Kourliandsky. En outre, il a le soutien du patronat et des médias."


Un soutien qui doit sans doute à la personnalité effacée de ce père de cinq enfants, qui s’est marié trois fois en quatre décennies. Son épouse actuelle, une ex-reine de beauté de 43 ans sa cadette sur le point d'accoucher de son deuxième enfant, est décrite comme "belle, réservée et au foyer" dans un hebdomadaire brésilien. "C’est un personnage sans idéologie particulière, estime le spécialiste du pays. Il a navigué au gré des élections brésiliennes pour se trouver du bon côté du manche. Il a senti que le vent tournait, disons qu’il a pris la vague."


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Michel Temer, le "très impopulaire" vice-président brésilien

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