Mickaël Dos Santos : comment contrer le djihad 2.0 ?

Mickaël Dos Santos : comment contrer le djihad 2.0 ?

DECRYPTAGE - Après le Normand Maxime Hauchard, un second Français de 22 ans a été identifié parmi les bourreaux du groupe djihadiste de l’Etat islamique. Sa particularité, une hyperactivité sur les réseaux sociaux. Un univers difficile à réguler.

"Venez rejoindre l’Etat Islamique !" La propagande tourne à plein régime sur le compte Twitter d’Abou Othman. Plus connu sous le nom de Mickaël Dos Santos, ce natif du Val-de-Marne identifié mercredi parmi les bourreaux du groupe djihadiste de l’Etat islamique profite en effet du réseau social pour narrer ses "exploits".

Photo de militaires kurdes décapités, humour morbide et versets du Coran... Depuis le 22 octobre, le jeune homme de 22 ans multiplie les appels au djihad. Au total, 170 messages ont été postés. Mais en réalité, Abou Othman en a publié des centaines avec ses précédents comptes. Celui qui pose fièrement avec sa kalachnikov en est en effet à son cinquième : tous les autres ont été censurés par le site. Il faut dire que Twitter, avec plus de 500 millions de tweets publiés chaque jour, est confronté à un flot ininterrompu de djihadistes 2.0.

"Les terroristes n’ont pas leur place sur Facebook"

Une fourmilière où l’Etat Islamique a vite appris les us et coutumes pour séduire de nouveaux candidats. "C’est très bien organisé : ils recrutent sur Internet les jeunes qui au départ veulent faire de l’humanitaire. Il y a des rabatteurs, des chasseurs de têtes", témoignait pour metronews l’anthropologue Donia Bouzar. Et pour cause, ni Twitter ni Facebook ne pratiquent une surveillance active. Le contrôle s’effectue uniquement a posteriori, sur la base des signalements effectués par les utilisateurs. Le gouvernement français, lui, a renoncé à légiférer sur le sujet. Le renforcement de l’arsenal législatif récemment voté prévoit seulement un blocage des sites faisant l'apologie du terrorisme.

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Pour autant, les responsables ne restent pas les bras croisés. "Lorsqu’on nous signale un contenu faisant l’apologie d’un groupe terroriste sur le site, nous le supprimons et nous utilisons nos outils automatisés pour nous aider à détecter d’autres comptes associés. Les terroristes n’ont pas leur place sur Facebook", a déclaré il y a un mois Monika Bickert, responsable de la politique des contenus. Du côté de Twitter, on se refuse à évoquer la récente ténacité de Mickaël Dos Santos. "Nous n’effectuons pas de commentaires sur les comptes individuels pour des raisons de sécurité et de confidentialité", nous a précisé un porte-parole de Twitter France. Peu après notre appel, son compte a été suspendu.

En coulisse, le géant américain prendrait en effet le sujet très au sérieux. Notamment sous la pression des Etats, qui a besoin que le réseau social laisse "filtrer" certains contenus des djihadistes pour faciliter leur identification et leur suivi. Conséquence, la coopération entre eux n’aurait de cesse de s’accentuer. Un Traité d'assistance judiciaire mutuelle, signé entre les Etats-Unis et l’Union Européenne, permet de récupérer auprès de Twitter de précieuses informations. Le dernier rapport de transparence indique ainsi 36 demandes d’informations et 107 demandes de suppressions de contenus en provenance de France pour le 1er trimestre de 2014.

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