Migrants : Macron propose la mise en place de "centres fermés sur le sol européen" et des sanctions financières

IMMIGRATION - Alors que la question de l'accueil des migrants divise profondément les Européens, Emmanuel Macron a proposé ce samedi, conjointement avec l'Espagne, la mise en place de "centres fermés sur le sol européen dès le débarquement" des migrants. Il s'est également prononcé en faveur de sanctions financières envers les pays de l'UE qui refuseraient d'accueillir des réfugiés.

Emmanuel Macron a pris les devants. Alors qu'un mini-sommet de crise est attendu ce dimanche à Bruxelles autour de la question de l'accueil des migrants, il a tenu une conférence de presse ce samedi après-midi à l'Elysée avec le nouveau Premier ministre espagnol Pedro Sanchez. Les deux pays ont avancé diverses mesures, notamment la mise en place de centres fermés. 


"Une fois débarqués sur le sol européen, nous sommes favorables à mettre en place des centres fermés conformément au HCR (ndlr : Haut commissariat aux réfugiés de l'Onu), avec des moyens européens qui permettent (...) une solidarité financière immédiate, une instruction rapide des dossiers, une solidarité européenne pour que chaque pays prenne de manière organisée les personnes qui ont droit à l'asile", a expliqué Emmanuel Macron.

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Macron favorable à des centres fermés pour migrants

On ne peut avoir des pays qui bénéficient massivement de la solidarité de l'UE et qui revendiquent massivement leur égoïsme national quand il s'agit de sujets migratoires"Emmanuel Macron

Concrètement de quoi parle-t-on ? Ces centres accueilleraient les migrants dès leur arrivée sur le sol européen. Leurs dossiers y seraient étudiés pour faciliter la demande d'asile des personnes qui répondent aux critères imposés. Les autres seraient renvoyés directement dans leur pays d'origine. Le fonctionnement de ces centres serait financé par l'Union Européenne, de manière à assurer une meilleure répartition des coûts et ne pas pénaliser les pays qui représentent la porte d'entrée des migrants en Europe comme l'Italie, la Grèce ou encore l'Espagne. Actuellement, ce type de centres n'existe pratiquement pas, hormis quelques rares cas en Grèce et en Italie gérés par le HCR. L'idée serait donc de développer ces institutions à grande échelle.


Autre proposition du président français : sanctionner financièrement les pays de l'Union qui refuseraient d'accueillir des migrants. "On ne peut avoir des pays qui bénéficient massivement de la solidarité de l'UE et qui revendiquent massivement leur égoïsme national quand il s'agit de sujets migratoires", a martelé Emmanuel Macron. "Je suis favorable à ce qu'il y ait des sanctions qui existent en cas de non solidarité (...), à ce que des conditions sur ce sujet soient mises au financement d'aides structurelles", a-t-il souligné.

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Migrants : la réponse de Salvini à Macron

L'Espagne et la France avancent donc leurs pions en vue de la réunion de crise à Bruxelles sur la question des migrants. Une réunion qui vise à préparer le sommet de Bruxelles des 28 et 29 juin qui sera largement consacré à l'immigration et qui s'annonce tendu. Les pays du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie), partisans d'une ligne dure sur l'immigration, ont déjà annoncé qu'ils boycotteraient ce mini-sommet. 


De son côté, l'Italie a finalement confirmé sa participation mais entend y faire "entendre sa musique", selon son ministre de l'Intérieur Matteo Salvini. Car Rome souhaiterait plutôt discuter de la protection des frontières européennes. 

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Nouvel "Aquarius" : "Ce bateau ne verra l'Italie qu'en carte postale", la réponse de Salvini

Le nouveau gouvernement en place affiche depuis plusieurs semaines sa volonté de limiter l'accueil des migrants. Après avoir refusé l'accès au bateau l'Aquarius, l'Italie a ainsi de nouveau fermé ses ports à une ONG venant au secours de migrants en Méditerranée. Le Mission Lifeline, avec à son bord 224 personnes, est donc actuellement bloqué dans les eaux internationales. "Ce bateau ne verra l'Italie que sur une carte postale !", s'est emporté Matteo Salvini, soulignant "qu'il y a des règles, et qu'elles doivent être respectées." Il souhaite que les migrants secourus soient raccompagnés en Libye.

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