L'Aquarius ira-t-il en Espagne ? "C'est à l'Italie de prendre la décision"

SAUVETAGE - Après le refus de l'Italie puis de Malte, l'Espagne a proposé d'accueillir le navire Aquarius de l'ONG SOS Méditerranée, et les 629 migrants à son bord. Joint par LCI, un responsable de l'ONG explique cependant que le navire n'a pas assez de vivres pour aller jusqu'en Espagne et que c'est à l'Italie de lui donner ses instructions.

Les 629 migrants secourus qui se trouvent à bord de l'Aquarius sont-ils hors de danger ? Le navire de l'ONG SOS Méditerranée, après avoir secouru ces exilés ce week-end, s'est vu refuser l'accès aux ports italiens et maltais. L'Espagne s'est ensuite proposée pour accueillir le bateau, mais un responsable de SOS Méditerranée joint par LCI se veut très prudent. Antoine Laurent, responsable des opérations maritimes de l'ONG, explique que "la balle est dans le camp italien" et que "le bateau ne peut pas se rendre en Espagne comme ça".

LCI : L'Aquarius va-t-il finalement se rendre en Espagne ?

Antoine Laurent : Nous ne sommes en lien qu'avec les autorités italiennes. C'est le Centre de coordination des secours maritimes italien qui est en charge des opérations et nous n'avons aucun contact avec d'autres autorités. Ce sont les Italiens qui ont la responsabilité de prendre en charge ces personnes et c'est à eux de nous dire si nous devons aller à tel ou tel endroit. Il n'est pas impossible qu'on aille en Espagne mais ce n'est pas à l'agenda dans les heures qui viennent.

LCI : Comment réagissez-vous à cette annonce du gouvernement espagnol ?

Antoine Laurent : L'Espagne a donné un signe de solidarité. C'est une bonne chose mais ça n'a rien d'officiel. C'est une annonce de leur part qui peut ne pas aboutir. Le bateau ne peut pas se rendre en Espagne comme ça. Il faut notamment le ravitailler. Il faut que la situation se débloque, et aller en Espagne représente un nouveau défi si nous n'avons pas d'assistance immédiate. Donc nous nous réjouirons uniquement quand les 629 personnes auront les pieds sur la terre ferme.

LCI : Cet épisode va-t-il changer vos relations avec l'Italie ?

Antoine Laurent : Les conventions et les procédures de sauvetage en mer ne vont pas changer aujourd'hui. La gestion des migrants en Méditerranée centrale se fait à travers des procédures juridiques très précises et rodées. Ça ne se fait pas au bon vouloir de chacun. La balle est dans le camp italien. C'est à eux de prendre la décision. Ils ne nous forceront la main que si l'on se retrouve en situation d'urgence, mais j'espère que d'ici là la morale prendra le dessus sur la raison politique.

Demain, on n'aura plus de nourriture sauf des biscuits énergétiquesSophie Beau, présidente de SOS Méditerranée

 La directrice de SOS Méditerranée, Sophie Beau, s'est également exprimée auprès de l'AFP. La proposition de l'Espagne, que SOS Méditerranée n'avait pas sollicitée, "est encourageante, cela montre qu'il y a des Etats sensibles à l'urgence humanitaire", a-t-elle indiqué, tout en appelant à la prudence quant à cet annonce du gouvernement espagnol.


"Il y a 1300 kilomètres à parcourir", a-t-elle ajouté, précisant que "demain, on n'aura plus de nourriture sauf des biscuits énergétiques". "Concrètement, il faut qu'on puisse débarquer au plus vite", a enfin affirmé Sophie Beau, qui souligne que le droit maritime international prévoit un débarquement "au plus près possible" du lieu où se trouve le bateau, donc en Italie ou à Malte. 

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