Migrants vendus aux enchères en Libye : Tripoli ouvre une enquête pour esclavage

Migrants vendus aux enchères en Libye : Tripoli ouvre une enquête pour esclavage
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RÉACTIONS – Après la diffusion d'un documentaire choc de CNN, la Libye a décidé de réagir. Tripoli a ouvert une enquête pour des cas d’esclavage. La chaîne américaine avait montré des migrants vendus aux enchères, soulevant un tollé mondial.

"Des actes inhumains, contraires à la culture et aux traditions du peuple libyen". C’est ainsi que le gouvernement libyen d'union nationale (GUN) a qualifié les faits évoqués par CNN. La chaîne américaine a diffusé un documentaire choc dans lequel on voyait des migrants vendus aux enchères près de Tripoli, la capitale de la Libye. Une enquête a été ouverte par les autorités.


Le gouvernement suit "avec grande attention les rapports des médias sur l'exploitation des migrants clandestins par des criminels", a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. Les faits décrits, qualifiés d'actes "inhumains et contraires à la culture et aux traditions du peuple libyen", "font l'objet d'une enquête", a-t-il expliqué. "Si ces allégations sont confirmées, toutes les personnes impliquées dans ces crimes seront punies", peut-on lire dans ce communiqué.

Une insécurité persistante en Libye

Tout en rappelant "son engagement total et clair" envers la charte des Nations unies ainsi que son attachement aux textes criminalisant le commerce des personnes, Tripoli a toutefois critiqué la position des pays de la région sur le dossier. "La Libye met en garde (...) contre les solutions internationales superficielles et stériles qui font en réalité obstacle à ses efforts pour endiguer ce phénomène, ouvrant la voie aux réseaux du crime organisé", a argué le ministère des Affaires étrangères.


L'idée d'installer des centres d'accueil dans le pays avait été avancée fin août lors d'un mini-sommet à Paris en présence de pays européens, du Niger ou encore du Tchad. Elle avait toutefois été abandonnée du fait de l'insécurité persistante dans le pays.


Plus tôt ce dimanche, le vice-premier ministre libyen, Ahmed Metig, avait déjà publié un communiqué sur Facebook pour exprimer "son mécontentement" quant à "la réapparition du commerce d'esclaves dans la banlieue de Tripoli". Il a annoncé avoir chargé "une commission d'enquêter sur ces informations de presse afin d'appréhender et soumettre les responsables à la justice".

Des hommes vendus 400 dollars

Dans le reportage diffusé par CNN, on voit notamment, sur une image de mauvaise qualité prise par un téléphone portable, deux jeunes hommes. Le son est celui d'une voix mettant aux enchères "des garçons grands et forts pour le travail de ferme. 400... 700..." avant que la journaliste n'explique: "ces hommes sont vendus pour 1.200 dinars libyens -- 400 dollars chacun".


Les réactions à travers le monde ont été nombreuses, que ce soit sur les réseaux sociaux ou à l’ONU. Samedi, un millier de personnes a manifesté à Paris pour dénoncer ces cas d'esclavage en Libye, selon la préfecture de police.


Depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, les passeurs, profitant du vide sécuritaire et d'une impunité totale en Libye, font miroiter à des dizaines de milliers de personnes cherchant une vie meilleure un passage vers l'Italie qui se trouve à 300 kilomètres des côtes libyennes. 


Selon les derniers chiffres de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de 156.000 migrants et réfugiés sont arrivés en Europe par la mer depuis le 1er janvier 2017 (contre près de 341.000 durant la même période en 2016), dont 73% en Italie. Près de 3.000 sont morts en tentant la traversée.

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