Mission Rosetta : Philae devrait "s'éteindre" vers minuit

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ESPACE - La liaison entre Philae et la Terre a été brusquement interrompue. On ne sait pas si c’est à cause de ses batteries ou d’une toute autre cause.

Philae va dormir. La liaison avec le petit robot de l’espace, amarré à la comète Tchouri dans le cadre de la mission de recueil de données Rosetta , s’est brusquement interrompue à la mi-journée. "Nous pensons que le robot devrait s'éteindre vers minuit", a déclaré Philippe Gaudon, chef du projet Rosetta au CNES (Centre national d'études spatiales) à Toulouse. Philae entrera alors en hibernation. Mais ses résultats "sont extraordinaires", a souligné Marc Pircher, directeur du CNES à Toulouse.

Philae n’a qu’une soixantaine d’heures de batterie en tout et selon le CNES, il ne lui en restait plus qu’une dizaine. Une batterie solaire devait normalement prendre le relais, mais voilà : le robot est à l’ombre. Les panneaux solaires reçoivent donc moins de 1h30 d'éclairement toutes les douze heures, au lieu de six prévues. La durée d'activité du robot, qui aurait pu durer jusqu'en mars, est donc écourtée. "Il sera ensuite rallumable dès que ses panneaux solaires recevront assez de lumière pour faire fonctionner les batteries rechargeables" du robot, a dit M. Gaudon.

80 % des données prévues ont été recueillies

Certains résultats, notamment sur le forage que le robot a fait, n’arriveront peut-être jamais sur Terre, selon l'Agence spatiale européenne (ESA). "Nous ne sommes pas sûrs que Philae ait assez d'énergie pour pouvoir transmettre les données lors du prochain contact" prévu à 22H00 heure de Paris, a indiqué Stephan Ulamec, responsable de l'atterrisseur.

Même sans résultat pour le forage, le robot aura récolté une mine d'images et de données scientifiques. Pendant ses rebonds, "le robot a travaillé et a récolté plein de poussières", a fait valoir Marc Pircher. "Les dix instruments de Philae ont tous fonctionné. C'est un grand succès. On peut être satisfait", a estimé M. Gaudon.

Le robot, qui pèse 100 kg sur la Terre, a une masse d'un gramme sur la comète. Il a radiographié l'intérieur de la comète, étudié son magnétisme, fait des images du sol, analysé les molécules complexes dégagées par la surface en les "sniffant". Cette mission "est unique et restera unique à jamais", a souligné Andrea Accomazzo, directeur de vol de la mission Rosetta, lors du point de presse de l'ESA.

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