Mohammed ben Salmane, prince héritier d'Arabie saoudite, ordonnateur de purge... et acheteur de luxe

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PORTRAIT - Avant le tableau "Salvator Mundi" en novembre, le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane aurait déjà acquis en 2015, selon le New York Times, le "Château Louis XIV", la maison la plus chère au monde. C'est aussi lui qui est à l'origine de l'arrestation de dizaines de princes, ministres et hommes d'affaires pour "corruption". Tout ceci confirme son emprise croissante sur le royaume.

Mohammed ben Salmane est un homme pressé. Quelques heures après avoir mis en place une commission anticorruption, le prince héritier d'Arabie Saoudite a procédé début novembre à une vaste purge dans les hautes sphères du pays. Preuve s'il en fallait de sa volonté de réformer le royaume ultraconservateur où, ces derniers mois, il a pris l'ascendant sur son père, le roi Salmane, âgé de 81 ans.

Une purge pour consolider son pouvoir

Des princes, des ministres mais aussi des hommes d'affaires : des dizaines de personnes ont été écrouées samedi 4 et dimanche 5 novembre. Une vague d'arrestations qui correspond à l'ouverture d'enquêtes par la commission anticorruption, pour certaines assez anciennes dont une concerne les inondations meurtrières ayant dévasté en 2009 la ville de Jeddah, à l'ouest du pays. La panique a semble-t-il été contagieuse, puisque les forces de sécurité ont cloué au sol des avions privés, peut-être pour empêcher que certaines personnalités quittent le territoire.


Aussi vaste soit-elle, cette purge apparait comme la mise en pratique de l'intervention choc du prince héritier, surnommé MBS, à un forum économique d'investisseurs le 24 octobre à Ryad. Ce jour-là, il avait promis une nouvelle Arabie "modérée, ouverte et tolérante", en rupture avec l'image d'un pays longtemps considéré comme l'exportateur du wahhabisme, doctrine rigoriste a ses affidés dans les rangs djihadistes. Et le nouvel homme fort du royaume de marteler : "Nous n'allons pas passer 30 ans de plus de notre vie à nous accommoder d'idées extrémistes et nous allons les détruire maintenant".

Un dirigeant favorable à un "assouplissement" des règles pour les femmes

Le prince s'était déjà offert un joli coup de publicité en septembre, en annonçant la levée de l'interdiction faite aux femmes de conduire. Une révolution dans ce pays, le seul à appliquer une telle règle. Depuis, des Saoudiennes ont célébré la fête nationale mêlées aux hommes, et trois stades vont désormais être autorisés à la gente féminine. Du jamais vu, certes… Sauf que, peu auparavant, les forces de police avaient procédé à des arrestations dans les milieux religieux et intellectuels. En outre, les femmes restent soumises à la tutelle d'un homme pour faire des études ou voyager.

Une ascension fulgurante

Né le 31 août 1985, "MBS" est diplômé de droit de la King Saud University. Père de deux garçons et de deux filles, il est devenu en 2009 conseiller spécial de son père, qui était à l'époque gouverneur de Ryad, avant de diriger le cabinet princier en 2013 quand son père est devenu prince héritier.


En avril 2014, Mohammed ben Salmane était devenu secrétaire d'Etat et membre du gouvernement, avant sa nomination comme ministre de la Défense et chef du cabinet royal le 23 janvier 2015, jour où son père a succédé au roi Abdallah, mort à 90 ans. Ayant la réputation d'un réformateur pressé, celui qui n'est pas partisan de la polygamie en vigueur dans son pays n'était pas destiné à prendre les rênes du pouvoir : il était second dans l'ordre de succession, position qu'il avait décrochée, en même temps qu'une série de responsabilités économiques et militaires lorsque son père a accédé au trône.

Acquisitions

Outre son ascension politique, Mohammed ben Salmane procède à des acquisitions fastueuses. Selon le New York Times, il aurait ainsi acheté il  y a deux ans le "Château Louix XIV" à Louveciennes (Yvelines) pour 275 millions d'euros, en faisant la demeure la plus chère du monde. C'est aussi lui qui a récupéré aux enchères en novembre "Salvator Mundi", un tableau de Leonard de Vinci, pour 382 millions d'euros. Là aussi, l'oeuvre est désormais devenue la plus chère du monde. 

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